Les samedis matins 2011

Samedi matin du CCR sur l’Egalité entre Hommes et Femmes tenu le Samedi 7 Mai 2011


Retour des trois réunions par groupes:


1/ Egalité Hommes-Femmes dans la Famille et la Société (fonctionnement de la maison, charge des enfants, éducation, scolarité, associations, vie de quartier, parité politique……)


o Malgré des progrès, la fonction de mère de famille n’est toujours pas bien valorisée. Une jeune veuve, mère de cinq enfants, sentait se détourner l’intérêt lorsqu’elle avouait « ne pas travailler » et en venait à utiliser le terme de « chef d’entreprise » lorsqu’elle se présentait.


o Un jeune mari peut trouver encore normal, aujourd’hui, de se détendre chez lui pendant une journée de RTT tout en laissant toute la vaisselle à faire à sa femme qui rentrera le soir du travail fatiguée…


o Lorsque mari et femme travaillent ensemble, il est important que chacun conserve un grand espace de liberté et d’initiative.


o A l’école, dans certains quartiers, les filles se sentent en insécurité au milieu de garçons qu’elles sentent trop prêts à les harceler et à abuser d’elles. Elles évitent d’arriver en avance. Ces garçons ne se sont pas vus enseigner le respect des femmes. Il existe encore un besoin d’éducation des jeunes contre le sexisme et le racisme.


o Un enseignant se sent obligé de faire passer à la classe supérieure un fille qui n’est pas au niveau pour lui éviter d’être retirée de l’école et soumise à un mariage forcé.


o Dans les associations, les femmes bénévoles sont très nombreuses mais parfois sous-représentées dans les bureaux et conseils d’administration (aujourd’hui, 3 CIQ sur 19, à Marseille, sont présidés par une femme).


o Une question est posée : pourquoi, en politique, les femmes votent, semble-t-il, majoritairement à droite alors que les efforts pour les émanciper viennent plutôt de la gauche ?

2/ Égalité Hommes-Femmes dans la vie de l’Église (degré de responsabilité, degré d’investissement, droit des femmes à la parole et à la réflexion théologique sur leur propre rôle…)


o Les femmes sont très présentes dans la préparation et l’animation liturgique, dans le chant, dans la décoration florale. Elles sont également assez présentes dans des responsabilités autour de l’évêque.


o Il est toutefois regretté que dans certaines paroisses les femmes se voient difficilement confier une véritable responsabilité.


o On propose pour chaque paroisse un Conseil Paroissial qui serait à la fois paritaire, efficace (avec des suites effectives à ses délibérations) et désigné pour une durée limitée (par exemple trois ans, pour « faire tourner » et éviter que certains n’accaparent le pouvoir…).


o On propose de remettre en vigueur un usage qui était apprécié lorsque le Grand Séminaire était encore à Marseille et selon lequel des femmes pouvaient venir suivre des enseignements ou participer à des activités auprès des séminaristes, les aidant ainsi à mieux comprendre une société mixte.


o On regrette un certain recul depuis Vatican 2 : pourquoi, depuis quelque temps, éloigne-t-on les filles du service de l’autel et les femmes de la distribution de la communion?


o Ne pourrait-on pas tout simplement revenir à une application sincère des conclusions de Vatican II ?


o On suggère la lecture de l’article complet du père Moingt, paru dans le numéro de janvier 2011 de la revue Études. Vision du rôle souhaitable – sinon indispensable- de la femme dans l’Église des années à venir.


o Comme preuve du rôle possible des femmes, on signale l’enseignement de Simone Pacot qui, secondée par d’autres femmes, invite à un parcours spirituel de grande qualité aussi bien des hommes que des femmes.


o Un « rêve » est formulé pour l’avenir : que les femmes compétentes et formées pour cela puissent se voir confier l’homélie (en quoi seraient-elles alors moins capables qu’un homme ?) et qu’elles puissent accéder au diaconat.



3/ Égalité Hommes-Femmes dans la vie professionnelle (différences salariales, « plafond de verre » limitant les promotions, congé parental, absentéisme, désir ou non de prendre des responsabilités….)


o On souligne que c’est une vision purement juridique qui conduit la Cour de Justice Européenne à dénoncer toute différence de traitement entre les hommes et les femmes, notamment les différences qui seraient favorables aux femmes (annuités de retraite supplémentaires, embauche préférentielle, assurance à prix plus intéressant…). Les participants sont partagés sur le bien-fondé de cette manière de faire : est-ce un mal nécessaire pour faire avancer la cause des femmes ou est-ce un refus de tenir compte de la réalité ?


o On souligne qu’un certain nombre de fonctions mieux remplies tantôt par des hommes, tantôt par des femmes, ce qui n’encourage pas à inverser la tendance générale…


o Ceci peut s’expliquer par le fait que les enfants sont formés dès le plus jeune âge à développer les capacités qui sont traditionnellement attribuées à leur sexe: ceci se fait par le choix des jeux, par les illustrations et les exemples des manuels scolaires etc…


o Même si les inégalités salariales s’estompent et souvent même n’existent plus, les inégalités dans l’embauche et dans la promotion persistent tant qu’un certain nombre de stéréotypes défavorables à la femme ne sont pas éliminés de notre culture et de notre subconscient et tant qu’on n’aura pas donné la priorité au critère de compétence.

 
Dernière modification : 18/01/2012