La solidarité, fardeau ou ressort pour la communauté chrétienne ?
L’engagement solidaire des chrétiens est une forme de « garantie » de leur engagement pour la Bonne Nouvelle ; mais aussi de l’engagement de l’Eglise, de sa propre cohérence.
Mais cet engagement peut être ressenti comme un fardeau pour ceux qui en sont chargés, dans l’Eglise. Les raisons sont diverses:
-l’immensité des problèmes, sur lesquels, de plus, on n’a pas prise
-on ne voit pas grand-chose bouger et constate l’immobilité des personnes, voire le désintérêt des communautés chrétiennes, des institutions.
-un sentiment de solitude face à la complexité des relations interpersonnelles ou des milieux associatifs.
Ainsi sommes nous mis en prise avec nous-mêmes, avec la violence. Tout ceci peut entrainer une perte de goût, de sens, un épuisement. Parmi les pistes pour en sortir, E.Grieu appelle à relire ce que l’on fait, régulièrement, à identifier la source de l’engagement, celle qui apporte la joie.
Les ressorts de la solidarité, sont au moins doubles:
-Les expériences d’ouverture, de proximité, avec ceux objets d’injustice, de partage en profondeur avec eux, en se laissant toucher. Ces expériences ont aussi été celles du Christ. Toute personne, mais aussi une communauté, peuvent être ainsi touchées. Et il y a bien une interrogation « Comment préparer la communauté chrétienne à une telle expérience d’ouverture aux plus pauvres, à une mise en présence de l’autre ? »
-L’entrée dans l’Alliance : au-delà des échanges calculés selon lesquels fonctionnent nos sociétés et nos comportements, l’Alliance est proposée par Dieu sans condition préalable. Là se trouvent les liens qui nous font vivre, liens qui doivent être réparés d’abord dans les situations de précarité. A l’échelle de cette Alliance, où les comptes n’existent pas, même si des règles sont proposées, il importe de considérer ce que l’on est et de percevoir la valeur du cadeau fait par cet autre pauvre quand il nous appelle son ami.
Il y a un appel à se laisser simplifier, à sortir soi même des échangés calculés ; à en débarrasser aussi les liens que nous avons avec la société. Cette décantation permet d’aller à l’essentiel. Elle a une valeur politique. Ce sont aussi autant d’expériences spirituelles, sacramentelles, de diaconie.
Dernière modification : 09/04/2010