Patrimoine et religions

Religion et Patrimoine


Les propositions faites par l’atelier sont résumées dans la présente note.


  • Un préalable indispensable : la connaissance du fait religieux    
     On peut s’accorder sur le fait que la société d’aujourd’hui a une certaine méconnaissance du fait religieux. Un enseignement du fait religieux parait indispensable tout au cours de la vie scolaire des jeunes. Les avis sont partagés sur la discipline à laquelle cette formation pourrait être rattachée : français, histoire, instruction civique ou encore enseignement spécifique.
En revanche, le contenu doit être envisagé largement                              - sensibilisation aux dogmes, à la morale ou à l’éthique, les rites religieux, l’architecture, l’art, le rôle de la religion dans la société…Toutes les religions doivent être ainsi abordées.

                             -Il ne faut pas oublier la formation ou l’information des adultes.

                              -De multiples initiatives pourraient être prises, notamment par les Églises, afin de s’ouvrir à la Société.
     Ces initiatives pourraient être multiconfessionnelles. Il peut
s’agir de conférences, de débats (disputation, café théologique), de manifestations artistiques, culturelles ou
festives (fête du lin par exemple).
     Il faut viser l’ouverture la plus large, vers toutes les religions et vers l’ensemble de la société. L’esprit de tolérance et le respect réciproque doivent être prédominants.

  • L’entretien du patrimoine religieux
Le patrimoine religieux tend à se dégrader peu à peu. Les ressources financières nécessaires sont très importantes. Les fonds privés ne sont pas à négliger (mécénat). Mais les fonds publics resteront la ressource essentielle en ce domaine. Les pouvoirs publics doivent comprendre que le patrimoine religieux est essentiel pour favoriser le tourisme, mais également car il fait partie de l’environnement naturel des habitants, pratiquants ou non.

Des ressources nouvelles pourraient être recherchées : l’idée d’une taxe faible sur les nuitées des touristes (hôtels, campings…) parait devoir être soutenue. Les loteries organisées en Grande Bretagne ne paraissent pas à l’inverse correspondre à la culture française.

Il conviendrait de revoir la composition des commissions de travaux sur les monuments historiques, l’emprise des architectes en chef paraissant excessive. Il serait souhaitable d’associer la population aux choix effectués. Les commissions pourraient comprendre des élus, des représentants des Eglises, des membres de la Société civile (associations culturelles, de défense du patrimoine…). Il est important de mettre en œuvre un état sanitaire du patrimoine afin de hiérarchiser les besoins, bâtiment par bâtiment. Il faut clarifier la responsabilité des différentes administrations ou collectivités par rapport aux monuments.Les critères de choix des priorités doivent inclure :
  • la sécurité, la stabilité de l’édifice,
  • l’intérêt historique ou architectural, mais aussi
  • l’attachement de la population.
Il faut aussi fixer une doctrine quant à l’entretien du patrimoine religieux : conservation  ou non, reconversion ou usage mixte (religieux et laïc), reconstruction à l’identique de  la période de construction originelle dans certains cas, utilisation des matériaux les plus récents dans d’autres cas. Il ne faut pas oublier que, dans l’histoire, les monuments ont souvent été aménagés dans le style du moment présent et pas du temps passé. On pourrait certainement faire de même aujourd’hui.
  • L’animation du patrimoine religieux
Une nouvelle donne pourrait être trouvée entre l’Etat et les Eglises. Les monuments religieux ont une partie sacrée qu’il convient de préserver en tant que telle. A l’inverse, la salle où se tient le public ( qui pourrait être séparée de la partie sacrée par une cloison amovible) peut constituer une salle ouverte au public à des usages profanes : expositions, théâtre, musique…

Il faut promouvoir la constitution d’Associations favorisant  la
connaissance du patrimoine religieux. Des guides conférenciers
spécialisés sont nécessaires pour les monuments les plus importants. Le recours à des bénévoles formés à cet effet serait à privilégier (il serait indiqué aux visiteurs que le guide est bénévole et qu’il peut être récompensé) pour les monuments les moins importants. On pourrait également bâtir des outils pédagogiques utilisant les technologies les plus adaptées…

Les Églises doivent également veiller à maintenir le patrimoine acquis au fil des générations (l’art sacré, les chants liturgiques…). La beauté de la liturgie doit être recherchée, y compris en retrouvant le sens du silence.

Les Églises doivent donner aux pratiquants le sens de leurs
responsabilités vis-à-vis du patrimoine religieux. Tous les pratiquants se doivent d’acquérir des connaissances en vue de faire connaitre le patrimoine religieux à des personnes éloignées de la religion. La tolérance doit cependant rester la règle.

Les Églises doivent se montrer plus ouvertes, plus accueillantes, accepter que certains édifices soient utilisés à

des usages purement laïcs.


Alors la société pourra mieux accepter la nécessité d’investir dans la rénovation du patrimoine religieux.


 

 
Dernière modification : 24/01/2010