Effectuez une recherche
La recherche porte sur l'ensemble du site, mots clef et occurrences

 

Prologue par Michel Mercier


Prologue de la session 2008 des Semaines Sociales de France,"Les religions, menace ou espoir pour nos sociétés ?"





MICHEL MERCIER, président du conseil général du rhône.


Michel mercier

Monsieur le Maire vient de retracer le cadre dans lequel vous allez travailler : le cadre géographique, celui de Lyon, avec l'histoire qui est la nôtre, profondément marquée par le christianisme social, à la base même de notre façon d'agir. Je voudrais vous dire en quelques mots ce que j'attends en tant qu'élu, en tant qu'homme politique aussi, des travaux que vous allez mener ici.


Notre pays est un grand pays humaniste, mais nous nous trouvons confrontés aujourd'hui à un ensemble de crises où l'humanisme, qui apporte des réponses, trouve aussi ses limites. Nous avons, selon moi, besoin de forces spirituelles qui aillent au-delà et qui nourrissent cet humanisme. C'est un peu cela que nous attendons de vos travaux.


Lorsque la crise économique qui est là va frapper fortement, en premier lieu les plus démunis, les plus faibles, il va falloir que nous retrouvions en tant qu'élus et responsables à la fois des idées, des réflexes et des engagements qui ne nous fassent pas perdre de vue la valeur essentielle du respect des personnes. Il peut y avoir des mesures techniques, des mesures politiques de prise en charge et d'aide. Mais il doit toujours y avoir avant tout le respect des personnes. Votre session arrive en quelque sorte et malheureusement à point nommé.


Dans la période que nous vivons, les religions peuvent parfois être une menace, comme le rappelle le titre de votre session. Le nier serait nier l'évidence. Mais je crois que nous avons besoin d'hommes, de femmes de religion engagés pour baliser des chemins, montrer des voies. Nous avons salué en ouverture Emma Gounod. En tant qu'élu local, je me souviens que c'est son père qui a créé chez nous ce que nous appelons aujourd'hui les éducateurs de rue. Nous avons besoin à la fois de lumières spirituelles et d'action concrète. Entre ceux qui peuvent montrer le chemin, ceux qui agissent les pieds dans la glaise, il faut un dialogue et une tension constante. C'est dans cette tension, où les politiques ont profondément besoin d'un éclairage spirituel, que l'on peut peut-être trouver ensemble, chacun dans le respect du rôle de chacun, des solutions, des avancées pour notre pays qui va en avoir bien besoin. Merci donc aux Semaines sociales d'être venues à Lyon pour penser avec nous comment construire une société où l'on soit simplement un peu plus heureux.



 
Dernière modification : 18/02/2013