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Introduction de la session 2007


Par Michel Camdessus


Introduction de la session 2007 des Semaines Sociales de France, "Vivre autrement pour les développement durable et solidaire".



Michel camdessus


L’ouverture de cette 82ème session des Semaines sociales de France a été l’occasion du passage de témoin entre Jérôme Vignon, son nouveau président, et Michel Camdessus, président de 2000 à 2007. Avec émotion, Jérôme Vignon a rendu hommage à son prédécesseur.  Il a souligné l’admiration qu’il éprouvait de longue date devant sa bienveillante sérénité, toujours souriante, et son dynamisme heureux qui appelle sans cesse à aller de l’avant. Il a rappelé les moments inoubliables vécus grâce à lui, entre autres lors des trois dernières sessions : en 2004, le centenaire des Semaines sociales qui a rassemblé à Lille cinq mille participants, dont plus d’un millier venus de l’Europe entière ; la session 2005 Transmettre, partager des valeurs, susciter des libertés, qui a témoigné de la capacité des Semaines sociales à prendre le tournant des questions sociétales ; et la session 2006 Qu’est-ce qu’une société juste ?, à la veille des présidentielles françaises, avec l’élaboration des Douze propositions qui ont porté la voix des chrétiens sociaux dans le débat national.


Enfin, il a conclu cet hommage en reprenant les mots mêmes de Michel Camdessus en 2005 : « Chers amis, nous aussi, nous sommes dans la nuit. Mais nous croyons en une aurore. Nous non plus nous ne sommes guère exemplaires ; nous avons à abandonner beaucoup de bagages, d’habitudes et d’acquis de toutes sortes. Mais nous avançons hardiment, puisque c’est le passeur par excellence, Jésus de Nazareth, qui nous tend la main. Alors l’essentiel pourra passer et fleurir au-delà de toute espérance ».



MICHEL CAMDESSUS, président d'honneur des Semaines Sociales de France.


Permettez-moi d’abord de remercier Jérôme Vignon et de dire la très grande confiance avec laquelle je lui passe le flambeau. Permettez-moi aussi de vous remercier tous. Présider les Semaines sociales a été une des grandes joies de ma vie. J’ai vécu ce temps avec une constante certitude que nous étions dans le vrai, que nous avions une parole à transmettre et des combats à mener, ou à rejoindre quand ils étaient initiés par d’autres. Cela a été un grand bonheur de constater combien vous avez été nombreux à répondre à nos invitations à la réflexion et au partage. Enfin, permettez-moi de demander très sincèrement pardon à tous ceux que j’ai pu bousculer, heurter ou ignorer à certaines occasions au cours de ces années. C’est à chacun d’eux que je souhaiterais que ces mots parviennent.


Comme en 2005 au sortir de l’embrasement des banlieues, en  2006 en période de débats autour des présidentielles, nous vivons cette session 2007 en situation. Non seulement au milieu des difficultés liées à des grèves des transports, mais au lendemain du Grenelle de l’environnement que nos intervenants ne manqueront certainement pas de commenter. En prenant en compte le travail et les réflexions déjà menés au cours de nos Semaines sociales d’année en année, nous voudrions nous interroger sur le vivre autrement qu’appelle un développement durable et solidaire. Nous voudrions ensemble parcourir le rude périple qui va de la reconnaissance d’une urgence à la recherche de solutions et à l’acceptation d’une autre espérance. Ce qui est en cause peut-être pour la première fois dans l’histoire connue de l’humanité, c’est un changement délibéré et choisi de civilisation. Nous découvrons que sans une vision de sa pérennité, sans attention portée aux générations à venir, sans un souci exigeant des effets de la croissance sur l’environnement, le développement risque de tourner à vide et de devenir meurtrier. La croissance peut, certes, continuer à répondre à nos besoins immédiats, mais elle risque de s’étouffer, et surtout de perdre son sens, son goût humain, sa justification.


Face à cet enjeu immense, il importe de ne pas avancer dans la peur, l’acrimonie des conflits d’intérêts ou la défense crispée de nos acquis. Il s’agit de rechercher cette nouvelle qualité de vie que plus de frugalité et plus de partage doivent nous faire découvrir. Les prises de conscience au cours de cette session risquent d’être rudes pour beaucoup d’entre-nous. Mais je suis convaincu que nous saurons discerner un chemin différent, celui du bonheur à inventer et à construire, pour nous-mêmes, pour nos sociétés, pour le monde, dans un environnement mieux respecté, un lien social enrichi, une fraternité sans frontière. Confions-nous donc au souffle de l’Esprit pour entrer dans une Espérance renouvelée.


 
Dernière modification : 25/08/2009