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Journée du vendredi : Violences et société
Journée du samedi : Aux racines de la violence
Journée du dimanche : Comment vivre ensemble ?
8h30 Accueil des participants
9h00 Ouverture et présentation de la session
9h30 L'état des lieux : qu'est-ce que la violence ?
par Jean-Claude Guillebaud, écrivain, journaliste

Crédits photo : Roland Bourguet, La Vie
Que nomme-t-on violence ? Ses formes sont multiples : violences physiques, affectives, morales, sociales, économiques et financières, routières, urbaines, violences extrêmes de la dictature, des totalitarismes, ou de la guerre civile et étrangère, du terrorisme. Peut-on appréhender l'évolution dans le temps de la violence, en mesurer l'intensité, voir si elle s'entretient et se développe, la situer dans un contexte donné, l'histoire, distinguer l'accidentel de l'organisé ? S'il existe des violences de nature permanente, que l'on retrouve à toutes les périodes de l'histoire de l'humanité et dans toute société, d'autres apparaissent avec les changements de société et de nouvelles formes de civilisation. Est-ce le cas de notre époque ? En France, en Europe, dans le monde ?
10h15 Débat
10h45 Pause
11h15 Violences du sujet, de la famille et du social

Premier lieu de construction de la personne, la famille est en même temps un des premiers lieux d'exposition à la violence physique, sexuelle ou morale : violences faites aux enfants (dans les situations de maltraitance), aux personnes âgées, violences agies, entre conjoints. Comment approcher, à partir d'un point de vue clinique, les processus à partir desquels la violence peut se développer dans l'intra-familial, mettant en échec une des fonctions premières de la famille, la protection des plus faibles ? Comment situer parallèlement les facteurs sociaux qui fragilisent aujourd'hui les familles et les fonctions parentales, en participant au surgissement de nouvelles formes de violence ? Nous visons à éclairer les places respectives de la famille et de l'organisation sociale dans la structuration des sujets et la construction du lien social. Notre objectif : dessiner les possibilités de transformer la violence en puissance de création et d'alliance ; pour cela, situer nos responsabilités collectives dans la redéfinition d'une référence commune à l'institutionnel, fondement de l'organisation familiale et sociale.
12h00 Débat
12h30 Déjeuner
14h00 La violence et les jeunes
par Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien, éducateur spécialisé

La violence des jeunes n'est pas un fait nouveau. Et les jeunes ne sont pas les seuls responsables des actes de violence dans la société. Mais il est vrai que la délinquance des jeunes a doublé en quelque dix ans, faisant d'eux des acteurs importants de ce phénomène, mais aussi ses premières victimes : 80% des actes de délinquance sont effectués au détriment des jeunes. Ce qui est nouveau, c'est que certains d'entre eux, sans tabous, ont introduit la violence parfois extrême au sein même de la société dans laquelle ils vivent : l'école, les transports publics, les terrains de sport, les institutions publiques (police, pompiers, Samu), les services (commerces, pharmacies, médecins) ... Quel sens donner à cette attitude ? Comment analyser cette perte de repères par les jeunes, cette absence du sens des limites ? Faut-il chercher la racine de cette situation dans la crise de crédibilité des porteurs d'autorité : parents, enseignants, élus, médias, la police, la justice ? N'est-ce pas le symptôme de l'éclatement de notre système de valeurs, la fin d'un "modèle républicain" ? Quelles solutions proposer ?
14h45 Débat
15h15 Pause
15h45 Des totalitarismes au terrorisme et aux guerres d'aujourd'hui

Crédits photo : S. Chivet, Agence Vu
L'histoire ne fait que relater révoltes et guerres. Elle montre que la paix fut un bienfait souvent trop passager. La destruction radicale de l'ennemi a commencé avec le heurt de civilisations très disparates, où l'une était nettement dominante, comme ce fut le cas dans certaines colonisations. Les 19 et 20ème siècles ont conduit au conflit total avec des moyens de destruction massifs, le déchaînement des violences faites aux civils, les déportations, les massacres, les génocides.
Des grandes guerres du 20ème siècle à la guerre froide, de la chute du mur de Berlin aux attentats du 11 septembre 2001, comment décrypter notre histoire récente ? Si nous ne vivons pas " la fin de l'histoire ", devons-nous nous préparer au " choc des civilisations " ?
16h30 Débat
17h00 Carrefours - Grands témoins
19h00 Verre de l'amitié
9h30 Au coeur de l'homme et des sociétés : la violence

Crédits photo : U. Andersen
Les violences de toute nature plongent leurs racines dans la rivalité avec l'autre. Dans sa forme extrême, le processus conduit à diaboliser des individus et des groupes, à en faire des boucs émissaires doublement précieux puisqu'ils permettent de se débarrasser de l'autre et de ressouder le groupe dans la communion de la violence.
De la fondation du monde aux sociétés humaines d'aujourd'hui, comment le sacré des religions a-t-il partie liée avec la violence ? Comment sommes-nous, tour à tour ou à la fois, victimes et persécuteurs ? Le désir, la rivalité mimétique et le meurtre collectif sont au cœur de toutes les religions, mais dans les grands drames bibliques, puis dans les Evangiles, la perspective qui, dans les mythes, est celle des persécuteurs, s'inverse en faveur des victimes, et c'est cette inversion, toujours méconnue, qui fait la grandeur et les périls du monde où nous vivons.
10h15 Débat
10h45 Pause
11h15 La violence et le message chrétien
Le constat de la violence nous incite à revisiter les certitudes qui nous conduisent. Existe-t-il une éthique capable de vaincre la violence ? Et l'amour en serait-il la source ? Quel est le sens de la révélation judéo-chrétienne ? La Bible est une longue histoire de violences. Le Dieu des juifs et des chrétiens serait-il lui-même violent ? La violence est-elle dans le plan de Dieu ? Ou au contraire, ne prend-il pas au sérieux la condition violente de l'homme, en posant des interdits structurants tout au long d'une histoire heurtée, pour aboutir à la révélation d'un Dieu dont la toute puissance se révèle dans la faiblesse ?
12h00 Débat
12h30 Déjeuner
14h00 Transgression des règles et crise des institutions

La violence est vécue comme la violation des règles qui permettent la vie en commun, et protègent les personnes et les biens. La violence consiste à se situer hors des règles, celles-ci étant contestées dans leur légitimité, délibérément violées ou transgressées par protestation contre la société.
Mais qu'est-ce que la règle ? Des prescriptions acceptables à un moment donné par les citoyens ou l'explicitation de principes fondamentaux ? La règle ne cesse de changer. Ce qui était accepté hier sans état d'âme (esclavage, torture, massacre des populations vaincues…) apparaît aujourd'hui comme la pire des violences. La règle pose la question de l'autorité chargée de l'édicter, de la transmettre et de la faire appliquer. Qui est aujourd'hui en charge de l'autorité ? L'État exerce, en principe, le monopole de la violence qu'il tient de la Constitution et de la Loi. Fortement engagé dans tous les champs de la vie économique et sociale, a-t-il encore la possibilité d'exercer l'autorité qui lui a été déléguée pour protéger le faible contre la violence du fort ?
Sur toutes ces questions, les réponses et analyses d'un praticien, à la lumière de son expérience quotidienne ?
14h45 Débat
15h15 Pause
15h45 Connaître, écouter, se parler
et Marie-Danielle Pierrelée, principale de collège au Maroc


Crédits photo : U. Andersen / Gamma
Dans nos pays européens multiethniques, multiculturels et multi-religieux, la démarche éducative doit s'effectuer dans le respect des identités de chacun, et permettre d'accéder à la compréhension des valeurs de l'autre. C'est l'étape première, et difficile, pour un partage des valeurs. Comment mettre en place les éléments à partir desquels s'instaurera le dialogue ? Il faut d'abord apporter les outils du langage et de la communication. Il y a là un rôle essentiel pour la famille, l'école et l'environnement social.
Il faut, dans cette démarche, faire toute sa place à l'histoire, le plus souvent négligée. La société française demeure marquée par son passé colonial. La surdélinquance des jeunes issus de l'immigration s'explique, pour une part, par l'occultation de notre mémoire sur ce passé. Or, l'occultation de la mémoire est à la racine de nombre de guerres récentes (ex-Yougoslavie), et au cœur des difficiles relations Nord-Sud. Pour lutter contre la violence et construire les valeurs partagées du futur, ne faut-il pas passer d'une histoire fondée sur une hiérarchie des peuples et des cultures à une histoire fondée sur leur solidarité ?
16h45 Débat
17h15 Carrefours - Grands témoins
19h00 Verre de l'amitié
9h00 Célébration eucharistique
présidée par Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France
Cette célébration est organisée en partenariat avec la revue " Prions en Eglise " (groupe Bayard), avec la participation de Marcel Dazin, auteur, compositeur et animateur de chants pour la liturgie, et de Florence Bellon, flûtiste.
10h15 Pause
10h45 Gérer les conflits

Dans toute société, le conflit est omniprésent, légitime et inévitable. Comment gérer un conflit ? Comment passer du conflit au compromis et à l'apaisement, et non du conflit à l'escalade de la violence ? Un conflit porte sur un ou des problèmes spécifiques, identifiables et de ce fait gérables, même s'ils sont très vastes. Quelles procédures mettre en œuvre pour gérer un conflit et enrayer la violence ? La non-violence peut-elle être autre chose qu'une philosophie donnant sens à l'existence ? Peut-elle être une stratégie permettant l'efficacité dans l'action ? Fille de la non-violence, la médiation est d'abord une technique. Elle construit des espaces de débat et de dialogue là où leur absence n'a d'autre alternative que la violence. Elle a pour objet de rendre aux personnes la vérité de leur rôle d'acteurs, de les aider à prendre en mains leur destin.
11h30 Débat
12h00 Affronter la violence dans une société mondialisée

Les changements induits par la mondialisation sur l'identité des personnes, des peuples et des sociétés peuvent être sources de régressions identitaires, d'accroissement des violences anciennes et de nouvelles formes de violences. Les nouveaux aspects de la violence rendent encore plus manifeste son caractère atroce et absurde. Comment réagir pour que la mondialisation ne conduise pas à un surplus de violence mais s'accompagne de la mise en place d'institutions, de médiations et de moyens nouveaux prévenant l'émergence ou le maintien d'injustices et de foyers de violences ? Comment les institutions internationales, et l'O.N.U. en tout premier lieu, peuvent-elles faire face à ces nouveaux défis ? Quelles missions, pour la France, dans cette enceinte ? Quel rôle pour l'Europe en la matière ?
12h45 Débat
13h15 Déjeuner
13h45 Vers un nouveau contrat social
Notre société a-t-elle compris qu'elle changeait ? Sans nous en apercevoir, nous avons sans doute changé de civilisation. Ou plutôt, les moins de 40 ans participent dans une proportion importante à une nouvelle société dont les valeurs, les règles, les codes, les interdits ont peu à voir avec ceux des générations plus âgées. Ce qui ne se faisait pas, se fait. Ce qui se respectait ne se respecte plus. Ce qui, pour les générations les plus âgées était violence, ne l'est pas pour les générations plus jeunes. Sommes-nous en face de la transgression de la règle et des valeurs, ou devant d'autres règles et d'autres valeurs ? Pour éviter une déchirure de notre société, pouvons-nous définir un nouveau contrat social, fondé sur la fraternité et sur le respect de l'altérité, qui pourrait seul permettre de surmonter les conflits entre les générations et d'apaiser la violence au sein même des nouvelles générations ? Quelles seraient ses valeurs et ses règles essentielles ?
15h30 Débat
16h00 Conclusions de la session
16h30 Fin de la session