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Synthèse de la session 1996 - 7

Au cours de ces cent dernières années, l'Église a cependant précisé peu à peu un certain nombre de principes en matière politique qui peuvent servir de balises à l'organisation de la cité au niveau local, national, européen et international.

Tout d'abord, le respect des corps intermédiaires. Pour l'Église, l'État n'est pas un absolu, le sommet indépassable d'une pyramide, ce n'est qu'une forme d'organisation au service du bien commun et de la personne humaine. Chaque échelon d'organisation, du plus petit au supranational, a autant de valeur. En ce sens, l'Église reste fidèle au principe du respect des corps intermédiaires qui aident à la responsabilisation de tous et sont un frein à l'absolutisme.

C'est là que prend racine le fameux principe de subsidiarité hérité du droit romain, repris par l'Église et énoncé de façon claire par Pie XI. D'un côté, il demande de laisser à l'échelon d'organisation le plus petit ce qui peut y être traité, c'est le sens "descendant" du principe, de l'autre, l'invite à faire remonter à l'échelon immédiatement supérieur - et ainsi de proche en proche - ce que des institutions trop légères ne peuvent assumer. C'est ce que l'on pourrait appeler le sens "ascendant" du principe. Ce principe revient en force dans le débat sur l'Europe, il permet de concilier ouverture sur l'universel et enracinement concret.

Autre principe, le principe de solidarité. Personne ne peut vivre seul, la personne est relation. Chacun devant être regardé comme un autre soi-même, un devoir de solidarité s'impose à tous, notamment et spécialement envers les plus pauvres. C'est le sens de cette "option préférentielle pour les pauvres" réaffirmée plusieurs fois par Jean-Paul II. Ici plus de frontières, la terre est notre demeure commune, ce qui impose un devoir de solidarité à l'échelle mondiale et fonde le principe de la destination universelle des biens.

Aussi avec réalisme l'enseignement social de l'Église dépasse-t-il le cadre national ou régional pour se placer résolument au niveau mondial. L'Église a très vite perçu que la question sociale dépassait les frontières, d'où ce slogan qui se trouve pour la première fois dans l'encyclique Populorum progressio, il y a plus de trente ans : "Aujourd'hui la question sociale est devenue mondiale."

En conséquence l'Église a très tôt insisté sur une nécessaire collaboration internationale qui doit conduire un jour à une réelle autorité mondiale en mesure d'agir efficacement sur le plan juridique et politique. Les textes abondent, de Jean XXIII à Jean-Paul II en passant par Paul VI. Aussi faut-il penser l'Europe comme le lever de rideau d'une mondialisation en cours et qui réussirait non seulement à abaisser les frontières mais à rapprocher les hommes pour le bien commun de chacun et de tous.


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Dernière modification : 02/04/2010