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Les valeurs de référence dans l'exercice de la démocratie [3/3]

Mon second point consiste à noter combien le christianisme, contrairement à un préjugé tenace, fonde l'autonomie de la liberté en son exercice temporel et historique. Le message de Jésus coupe court à toute imposition hétéronome d'une loi censée venir de Dieu et s'imposer à l'ensemble du corps social. Il rompt avec le système traditionnel d'un religieux hétéronome, et il substitue à cette hétéronomie la seule loi qui vaille aux yeux de Dieu, la « loi de charité », pour parler comme saint Paul, l'unité des commandements, au point que celui qui dit « Seigneur, Seigneur » et néglige son frère est sacrilège envers Dieu. Distinguant avec force le Royaume de Dieu et le royaume des hommes, le message évangélique libère la sphère politique de toute tentative de sacralisation et d'hétéronomie, il la rend entièrement à la liberté responsable des hommes, en ne leur imposant qu'une seule loi, celle de la charité, et donc d'abord celle de la justice à exercer et à mettre en place par les moyens et avec les ressources qui sont les leurs. S'il doit y avoir un « apport » ou s'il y a eu un « apport » du christianisme à la philosophie politique et notamment à la démocratie, c'est là qu'il faut la chercher. Remémorant la question de Dieu à Caïn, «qu'as-tu fait de ton frère ? », la foi chrétienne met chacun de nous, comme être humain et comme citoyen, devant cette question. Et elle renvoie chacun de nous à sa liberté responsable, à la discussion avec tous, à la recherche de la justice et du droit pour y répondre. Elle fonde l'autonomie de nos sociétés démocratiques et les prédispose à s'ordonner selon les valeurs qui les construisent hors des sentiers de la violence, du mépris de l'autre, de l'oubli de la solidarité humaine la plus vaste. Elle admet que la recherche de la vérité dans l'ordre social et politique s'opère selon les canons indiqués plus haut, et non par l'imposition d'une prétendue vérité absolue qui vaudrait toujours et partout, avant tout débat, toute recherche, et comme par déduction de principes fixés une fois pour toutes. La relativité de l'histoire est le lieu où nos libertés ont à décider, et c'est justement cette relativité qui appelle à la vigilance la plus grande (vertu éminemment évangélique, notons-le en passant), car dans nos décisions c'est en effet 1'homme comme image de Dieu que nous risquons de bafouer et de nier, alors que nous devons l'honorer, puisqu'il est notre seul sacré.

Du même coup, les convictions chrétiennes mettent ceux et celles qui les habitent en mesure d'exercer leur jugement critique sur le cours de nos systèmes. Il faut même dire davantage : la foi chrétienne prédispose à la formation d'acteurs sociaux responsables, pas seulement des citoyens critiques (ce qui n'est certes pas négligeable), mais aussi des hommes et des femmes capables d'initiatives, de prises de responsabilité à tous les niveaux de la vie sociale. La critique authentique des affaissements de nos démocraties doit s'articuler sur la promotion des valeurs justement méconnues, donc en les faisant désirer là où elles sont bafouées. Des valeurs ne sont pas des entités trônant au-dessus des sociétés et produisant des fruits par elles-mêmes. Encore faut-il qu'elles soient assumées par des volontés qui les incarnent, se compromettent sur elles, s'engagent dans le respect d'autrui, dans le souci des plus démunis, mobilisent des énergies toujours tentées de se disperser ou de se décourager, bref par des volontés qui mettent en œuvre effectivement les valeurs de la démocratie et sans lesquelles celle-ci resterait lettre morte ou objet de belles dissertations pour discours électoraux. Voilà qui oblige à une vigilance permanente qui conduit à dénoncer les affaissements ou les aveuglements de nos sociétés, mais en même temps qui doit nous aventurer à proposer des solutions à l'assentiment de tous, car il faut toujours joindre conviction et responsabilité (pour évoquer Weber en le contestant au passage). Par là encore, et sans toujours s'en rendre compte, quand les Églises éduquent leurs fidèles à vivre selon l'Évangile, les convainquent de la force et de la beauté du message chrétien, les ouvrent au sens d'autrui ou de la solidarité humaine la plus large, elles font bel et bien un travail éminemment politique, puisqu'elles forment des citoyens responsables et critiques en leur inculquant un ensemble de convictions sans lesquelles nos démocraties s'effondreraient. Mais, arrêtant ici ces considérations sur le christianisme, je souhaite dans une dernière partie en revenir aux valeurs démocratiques elles-mêmes et à leur très grande fragilité.


Faiblesse des valeurs démocratiques

Je suppose que beaucoup d'entre vous, en m'entendant, doivent se demander si je n'affiche pas un optimisme bien naïf, et donc dangereux, en exaltant ainsi les valeurs de la démocratie. Serais-je assez idéaliste pour ignorer qu'entre affirmation de valeurs et fidélité concrète à celles-ci il y a souvent (toujours ?) un abîme ? Qui plus est, par la convergence que je semble poser entre ces valeurs et l'investissement actuel des chrétiens à leur endroit, est-ce que je ne fais pas preuve d'un double aveuglement ? Ne serait-il pas temps d'exercer la vigilance dont j'ai dit plus haut qu'elle est une attitude éminemment évangélique ? En effet. Mais un auditeur attentif n'aura pas été dupe. Dès lors que l'on parle de «valeurs», comme il m'était proposé de le faire, on parle d'entités suprêmement friables, fragiles, sans cesse menacées de dégradation et même de disparition. Une valeur en effet n'est pas une chose qui serait là, donnée une fois pour toutes, acquise définitivement parce qu'on en aurait, individuellement ou socialement, reconnu la pertinence ou la beauté. Une valeur c'est aussi une visée, comme un idéal qu'on se donne mais qu'on ne réalise jamais pleinement. Penser en termes de valeurs, c'est nécessairement penser hors des conforts des théories objectivistes qui croient qu'une fois bien perçue l'objectivité du réel ou du bien ou de la vérité (ou leur prétendue objectivité) l'assise de l'action est alors assurée. Parler de valeurs, c'est se situer à un entrecroisement entre un principe (justice, vérité, beauté) et une volonté : il n'est de valeur que voulue et assumée par une liberté, donc par un sujet, et par un sujet forcément situé en un moment de l'histoire et de sa société. Dès lors qu'une valeur n'est plus voulue, plus comprise, plus assumée, dès lors qu'un sujet se détourne de cet univers de sens ou refuse d'y adhérer, le monde des valeurs se trouve atteint de décadence ou se voit menacé de mort. Comme en Bourse, une valeur peut perdre de sa valeur, voire même disparaître du marché, en tout cas se dévaluer. Or n'ai-je pas insisté sur le fait qu'un système démocratique n'est pas un fait de nature, mais qu'il découle d'une culture et la présuppose ? Il est donc le produit d'une éducation hautement élaborée, d'un travail des volontés sur elles-mêmes pour qu'elles soient persuadées de la grandeur des valeurs à elles proposées. Or il peut se faire en effet que les volontés se désagrègent, désespèrent de leurs valeurs, et donc que les plus belles références se dégradent et se pervertissent. Les valeurs démocratiques n'échappent pas à ce possible déclin, au risque d'être elles-mêmes dévaluées par ce que Nietzsche appelait le nihilisme. Faut-il faire ici un long tableau des vices de nos systèmes, et évoquer la corruption, les impuissances des pouvoirs à décider, la démagogie de trop d'acteurs politiques, la complaisance envers l'opinion, la manipulation de cette opinion par les mille et un moyens dont disposent nos sociétés de médias et de sondages ? Surtout comment ignorer le sentiment largement partagé selon lequel les citoyens n'ont plus la certitude de contrôler réellement les pouvoirs (base de toute démocratie), donc d'être les jouets plus que les acteurs de nos systèmes représentatifs ? Comment ne pas reconnaître que ces vices graves viennent compromettre le discours sur les valeurs démocratiques, et détourner les volontés de les vouloir, les faisant même apparaître comme de pseudo-valeurs ou comme des alibis, des masques idéalistes maquillant des pratiques tout à fait opposées ?

Il faut en convenir : un système démocratique est structurellement dégradable, exposé sans cesse à la dévalorisation. Car les valeurs qui le portent doivent être « entretenues », inculquées, désirées comme bonnes et souhaitables de préférence à l'abandon au destin ou à la fatigue devant l'engagement. Le goût de la justice et de la solidarité, le sens la dignité de la personne humaine, la volonté de contrôler les pouvoirs peuvent disparaître, et qui niera qu'en ce tragique XXe siècle en effet nombre de démocraties ont capitulé devant les contre-valeurs de la force, de la violence, de la démagogie ou devant les illusions des avenirs radieux qui pouvaient dispenser temporairement (évidemment) des chemins malaisés de la démocratie ? C'est pourquoi les valeurs démocratiques doivent sans cesse être à nouveau voulues, et donc inculquées. Pas de démocratie sans démocrates convaincus des valeurs de la démocratie. Le pire vient quand « la volonté manque », pour citer encore Nietzsche. Et donc, du point de vue qui est le mien ici, l'éducation aux valeurs démocratiques, l'inculcation d'un goût pour ces références fondamentales, sont essentielles. Il n'est d'ailleurs pas étrange que les grandes pensées philosophiques de la démocratie aient toutes insisté sur l'éducation, car rien n'est moins naturel, spontané à l'homme, conforme à ses tendances immédiates que de vouloir être libre (au sens défini plus haut) et de désirer respecter tout autre homme comme lui-même. Maritain disait d'ailleurs que, si la démocratie ne prétend pas corriger la nature et produire un homme nouveau, elle va cependant contre la nature. Je dirai plutôt qu'elle propose une culture de soi grâce à laquelle deviennent désirables, et donc objets de la volonté, les valeurs indiquées plus haut.

Or, j'y insiste, ces valeurs ne sont point éternelles : il faut à nouveau les vouloir dans le temps et dans les circonstances précises qui sont les nôtres. C'est aujourd'hui que nous avons à chercher, en fidélité aussi bien à Socrate qu'aux prophètes d'Israël ou à Jésus, par où passe la volonté de justice, de vérité et de bien. Il faut admettre que ce n'est pas en reproduisant les programmes de nos prédécesseurs ou en référence à une supposée valeur éternelle que nous le saurons, mais en cherchant ici et maintenant, et avec tous, donc dans le débat et la discussion, par où passent la justice envers les faibles, la solidarité humaine, le sens de la vie commune et l'ouverture à un avenir sensé pour tous. C'est par un renouveau du sens de ces valeurs que nous nous disposerons à inventer les institutions d'avenir, réellement porteuses de démocratie. Par là même les valeurs de la démocratie restent une provocation permanente à l'égard de la volonté des citoyens : aucune de celles que j'ai citées plus haut ne sont effectivement réalisées, de toutes et de chacune nous pourrions affirmer que nos systèmes les trahissent. Mais c'est bien pourquoi il nous revient de les vouloir à nouveau dans le contexte présent, et de chercher ensemble à quelles décisions concrètes elles nous conduisent en matière de justice sociale, de santé, d'éducation des jeunes, de solidarité internationale ou de contrôle de ceux qui nous gouvernent. Rawls prétend à juste titre que nos systèmes ne sont vivants que parce qu'ils s'efforcent sans cesse de susciter l'adhésion du plus grand nombre. Voici le défi des valeurs démocratiques : elles doivent être assez désirables pour que le grand nombre les veuille, malgré la conscience concomitante qu'elles seront toujours plus ou moins trahies, à distance de nous, et donc qu'il conviendra de les vouloir à nouveau, sans découragement ni nostalgie d'un système parfait, car telle est la finitude humaine que d'avoir à chercher la justice et la vérité dans le creuset du présent.

Et derechef je pose la question : qu'en est-il du chrétien dans ce contexte, et plus largement des Églises ? Paul Ricœur a maintes fois affirmé que nos démocraties ont besoin de convictions, donc d'hommes et de femmes convaincus d'un ensemble de valeurs fondamentales. Il déclarait même dans un entretien à L'Express, au cours de cet été (23/7/1998), que devant l'érosion de la légitimité de nos systèmes politiques et leurs difficultés, voire leur impuissance à la retrouver, les Églises devraient jouer un rôle de fondation symbolique de nos démocraties, non pas au sens où elles devraient influencer directement le pouvoir ou exercer sur lui une insupportable pression, mais en vue de contribuer à restructurer un imaginaire collectif dégradé. Si en effet il s'agit bien de fortifier des volontés, et d'abord de les structurer en leur faisant désirer le bien, la justice, la solidarité, nos Églises ne sont-elles pas fort bien placées pour donner un tel goût ? Elles auraient alors un rôle éminent de fondation du politique et de la démocratie non en prétendant dicter aux citoyens ou aux pouvoirs les termes de leurs actions, mais en agissant en amont : du côté de volontés ou de libertés à former pour qu'elles puissent vouloir les valeurs de la démocratie, plutôt que l'abandon à la fatalité. Ce faisant, ne seraient-elles pas, ne sont-elles pas quand elles le font, à la fois fidèles au message évangélique qui met 1'homme devant la grandeur proprement divine de sa tâche humaine, et à la démocratie qui a besoin de citoyens, mobilisés, critiques, soucieux du bien de tous et conscients des enjeux de notre destinée commune ? Elles n'ont bien évidemment aucun monopole dans ce travail (faut-il y insister avec force ?), mais puisque les valeurs démocratiques ne sont point étrangères à l'héritage chrétien, les Églises, donc nous-mêmes ne devons avoir aucun complexe, et même savoir que la foi chrétienne peut nous éveiller à cette vigilance sans laquelle les valeurs démocratiques s'affaissent, se dégradent ou laissent la place à des contre-valeurs, celles de la violence, de l'égoïsme débridé, de la quête éperdue de la richesse ou de la domination sans scrupule sur autrui. En ce sens encore la démocratie est une œuvre quotidienne et permanente. Et plus nous serons conscients des menaces qui affectent les valeurs démocratiques, plus nous devrons nous ingénier à leur insuffler un souffle nouveau. Et pour un chrétien, qui ignore que le souffle a à voir avec l'Esprit?


DÉBAT


Questions : Jusqu'où peut aller la recherche du compromis pour un chrétien? Peut-il transiger sur les valeurs fondamentales? Les minorités, si elles peuvent subir la violence, peuvent-elles aussi l'imposer par l'action? Pensez-vous qu'elles soient alors un péril pour la démocratie? Quelle place faites-vous à la coercition légitime?

Paul Valadier : Il est difficile de répondre à la question « jusqu'où ? » de manière abstraite. C'est devant des questions concrètes que l'on peut en décider. La pratique du compromis doit permettre de mettre au jour une solution satisfaisante pour la grande majorité. C'est cela qui compte dans une démocratie. Mais cette solution viable laissera toujours beaucoup de personnes insatisfaites. Le régime de démocratie n'est pas le régime de la perfection, mais celui qui accepte de reconnaître ses propres imperfections. Ainsi, si l'on constate que les lois ne donnent pas satisfaction - René Rémond a parlé de lois programmées pour un temps donné -, on pourra les amender. Cela dit, il ne peut y avoir de compromis sur les valeurs ultimes : la dignité de la personne, la recherche du bien commun ou de la justice. Les législations votent des dispositions concrètes qui, si elles tentent de s'inspirer de ces valeurs, ne peuvent garantir que l'application sera toujours idéale. En ce sens, il faut prendre garde que le droit garde toujours une certaine distance avec la morale. Il ne peut en être autrement.
Les groupes minoritaires peuvent être la pire des choses, surtout lorsqu'ils sont clandestins et tirent les ficelles pour imposer leurs conclusions comme dans le cas du PACS. Cela dit, les groupes de pression font partie de la vie démocratique. C'est en fonction de revendications de toutes sortes que l'on pourra éviter les mauvais compromis. Ainsi il n'y a pas à s'indigner, par exemple, que les Églises interviennent de manière publique dans le débat comme n'importe quel autre groupe.
La démocratie n'est pas un système de non-violence, même si elle la recherche. Elle doit cependant avoir le souci de contrôler la police- ce qui se passe dans les commissariats et les prisons par exemple- et de veiller à ce que l'armée soit soumise au pouvoir politique.

Questions : Comment le christianisme peut-il contribuer à l'insufflation de valeurs dans le débat démocratique ? Si le christianisme est en harmonie avec les valeurs de la démocratie, pourquoi celle-ci n'existe-t-elle pas au sein de l'Église ?

Paul Valadier : Une démocratie repose sur des systèmes institutionnels mais aussi sur des valeurs qui ne vont pas de soi. Elles sont insufflées par mille et une choses : l'expérience, l'éducation en famille, l'école. Et, dans une société comme la nôtre, les Églises sont un des foyers de propositions de valeurs à travers le catéchisme notamment, les homélies ou les mouvements de jeunesse.
L'harmonie entre valeurs démocratiques et christianisme que j'ai présentée ne relève pas d'une démonstration. Disons qu'il y a des connivences. La preuve à faire reviendrait à ceux qui contestent cette harmonie. En quoi la démocratie n'a-t-elle rien à faire avec les valeurs évangéliques ? La démocratie athénienne était loin d'être universelle. Cette idée ne va pas de soi. D'où vient-elle alors ? Le « germe évangélique » a progressivement transformé les mentalités.
L'Église n'est pas une société politique. Elle est une société de foi, une communauté de salut. Le point important est que l'Église doit être fidèle à elle-même, c'est-à-dire à ce que le Christ veut d'elle. Sur le plan de son organisation, elle doit respecter les principes de la collégialité à tous les niveaux, de la synodalité -l'Esprit est donné en partage à tous, même s'il y a des fonctions et des charismes divers - et de la subsidiarité. Si l'on prend ces trois critères, on voit combien l'Église est loin du compte. Que l'Église soit fidèle à ses principes constitutifs, et nous aurons intégré bien des éléments de la démocratie. Celle-ci n'est pas un bloc. On pourrait par exemple appliquer dans l'Église le principe du contrôle des pouvoirs : que ceux qui prennent des décisions les justifient, que tout fidèle soit respecté dans ses droits de fidèle et de baptisé. C'est une chose que l'on pourrait aller dire à la Congrégation pour la sainte doctrine de la foi. Lorsqu'un théologien est accusé, il faudrait lui dire de quoi publiquement et qui l'accuse. Cela n'est pas de la démocratie, mais la fidélité de l'Église à elle-même. J'ajouterai que les fidèles que nous sommes sont imprégnés des mœurs démocratiques. Alors il est certain que, quand nous franchissons le porche des églises, nous n'abandonnons pas tout d'un coup notre mentalité démocratique. Pour un sain fonctionnement de l'Église, il faut tenir compte de cette mentalité démocratique dans une certaine mesure qui doit être... grande.


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Dernière modification : 14/05/2010