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Les Français et la démocratie: Compléments au dossier

Les jeunes adultes absents de la vie collective

Les 25-35 ans présentent en tant que génération des ruptures avec les générations précédentes, qui portent en germe de profondes évolutions de société. Résidence dans les grandes villes, hausse du niveau d'instruction, montée du célibat, mobilité géographique, éclatement des statuts professionnels, moindre différenciation des rôles masculin et féminin, syncrétisme religieux, pratique des réseaux interactifs, valorisation des loisirs et de la vie privée : la génération du chômage et de la crise, née à la fin des années 60 et au début des années 70, a de la vie collective une pratique assez distante et peu structurée. On ne les voit ni à l'église, ni dans les partis politiques, ni dans les syndicats, pas beaucoup dans les associations.


Ils ont été formés à la politique sous Mitterand, au coeur des années 80, marquées par la réhabilitation de l'entreprise, les dérives sociales (montée du chômage, des inégalités, nouvelle pauvreté, crise de la protection sociale), l'apparition de risques santé-environnement inédits (sida, explosion de Tchernobyl) et l'effondrement des idéologies, illustrées par la chute du mur de Berlin.


Leurs valeurs de référence combinent une solidarité planétaire d'évidence et le respect des droits de l'homme, dans une perspective de maximisation de l'autonomie individuelle. Ce grand écart faisant l'impasse sur les systèmes de médiation et de gestion intermédiaire, vus comme autant de lieux d'accaparement éventuel du pouvoir.


La pratique de l'écrit plus distante des moins de 35 ans amène une désaffection vis-à-vis de la presse écrite d'information, les privant ainsi d'un moyen essentieel pour comprendre et décrypter la vie politique. Tout projet suppose les capacités d'écrire et de se projeter dans l'avenir, deux dimensions en souffrance chez les plus jeunes. Le développement du réseau internet offre cependant de nouvelles possibilités de concertation et de débat, une certaine redécouverte de l'écriture, avec les avantages et les inconvénients de l'instantanéité.

A quoi servent les hommes politiques ? Critiques et paradoxes

Pour que les choix de société aillent dans le bon sens, les Français interrogés font confiance aux scientifiques, aux citoyens, aux responsables d'associations, voire aux chefs d'entreprise et aux intellectuels, mais se méfient des journalistes, des syndicalistes, des financiers, et encore plus des hommes politiques. Pourquoi les hommes politiques ont-ils tant de difficultés à résoudre les problème de la société ? A cause des contraintes économiques internationales (35%), des égoïsmes et corporatismes qui bloquent les réformes (33%) et des décisions qui se font à Bruxelles au niveau européen (30%). Les hommes politiques sont jugés par une majorité à la fois courageux, archaïques, impuissants et fidèles à leurs convictions. Leur compétence, honnêteté, efficacité, souci de l'intérêt général et proximité sont fortement mis en doute, deux Français sur trois jugeant la corruption généralisée ou trèss répandue. Outre le manque de renouvellement, la désaffection des citoyens à l'égard des hommes politiques est due "à leurs idées qui restent les mêmes, alors que le monde et les préoccupations des gens ont changé".

Sondage CSA 18 et 19 sept. 1997, pour ARTE et Le Nouvel Observateur, 9 oct. 1997

 
Dernière modification : 22/07/2010