Par Henri Guaino, Jacques Barrot, Hélène Flautre, Yannick Blanc, Assane Bà
Conférence donnée au cours de la session 2010, "Migrants, un avenir à construire ensemble"

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Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy
Jacques Barrot, ancien commissaire européen
Hélène Flautre, député européen
Yannick Blanc, ancien directeur de la police générale de Paris et animateur du projet de livre vert des migrations
Assane Bà, juriste, chargé de mission migrations internationales au CCFD-Terre solidaire
Les termes de notre débat, « Les politiques migratoires, effets d'annonce ou réalité? », qui pourraient susciter une discussion tranchée, sont, à mon avis, un peu trompeurs, mais intéressants. Il y a dans les politiques migratoires comme dans toutes les politiques, cette distance qui sépare les intentions proclamées, les objectifs, le déclaratif et les réalités de terrain, les pratiques réelles. Sur ce sujet de l'immigration, le fossé est parfois encore plus large qu'ailleurs. Il ne serait pas difficile de montrer que cette tension parcourt toutes les familles politiques.
Mais l'objet de ce débat est précisément de sortir de l'affichage politique, voire des passions, pour éviter de creuser davantage le fossé entre les craintes à court terme et les nécessités de long terme, entre les moyens forcément limités des politiques sociales et le respect des droits fondamentaux. C'est d'ailleurs sur ce point que sont intervenues les Églises, sans prétendre se substituer au législateur mais en rappelant quelques principes. Il ne s'agit pas ici de parler de “belles âmes”mais de conscience.
Mais il y a en plus ce qui serait souhaitable: un monde ouvert, condition à la rencontre et à la paix, à l'affirmation d'une générosité et d'une disponibilité. Et il y a enfin le possible: À quelles conditions peut-on assumer cette ouverture ? Quels arbitrages pour assurer l'intégration des migrants ? Quels devoirs s'imposent alors à eux ? Comment ne pas mesurer ici le consensus qui se dessine sur l'échec des politiques d'intégration ! La description qu'en fait, par exemple Dominique Schnapper, qui a beaucoup réfléchi sur cette question, est assez éloquente. L'intégration structurelle, comme elle dit, en particulier sur le marché du travail, ne s'est pas faite. Le bilan en matière d'accès à l'emploi, au logement, est dramatique. Mais à l'inverse, est-il possible, avec les moyens consacrés à la politique d'immigration, de prétendre que cette politique consiste à s'assurer que ceux qui entrent disposeront d'un travail légal et d'un logement digne de ce nom ? La pression migratoire rend cette position parfaitement ingérable. C'est donc dans l'examen des mesures prises et celles à prendre que se situera ce débat, en essayant de trouver le ton juste dans tous les sens du terme. Juste parce qu'il est nécessaire au dialogue et juste parce que l'enjeu de justice est évidemment central.
Dernière modification : 06/06/2011