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Message abrégé

Les Semaines Sociales ont résumé le texte du Message, il se compose de 4 parties :


  • Un nouveau dialogue
  • L'inspiration chrétienne
  • Changer son attitude
  • Les attentes


Religions et société : un nouveau dialogue est possible


Chrétiens et sociaux, nous embrassons dans un même regard la dignité de chaque personne et l'exigence de structures sociales justes. Nous avons le sentiment que cette cohérence du regard est aujourd'hui attendue et recherchée bien au-delà de la foi chrétienne, ainsi qu'en atteste l'ébranlement autant moral que économique et financier, qui saisit  l'opinion, en présence de la crise en cours.

Les temps nous semblent mûrs pour un nouveau dialogue entre les religions et les sociétés sécularisées où elles sont implantées. Cette situation favorable ne s'est pas produite soudainement. Elle est le fruit, en France et en Europe, de changements durables. D'un coté les sociétés, riches de libertés inédites et de potentialités parfois inquiétantes, s'affranchissent des vieux clichés qui maintiennent le religieux dans le domaine privé. De l'autre, les religions se savent minoritaires, et ne prétendent plus, en tous cas dans nos pays, exercer sur la vie publique un quelconque pouvoir.

Les Semaines sociales de France sont préparées à ce dialogue et souhaitent le promouvoir.


Les ressources de l'inspiration chrétienne

Nos sociétés, en France et en Europe, sont traversées par une contradiction douloureuse, issue de l'émancipation de l'individu. L'aspiration à l'accomplissement de soi se heurte à une intolérance croissante au regard de la diversité ressentie comme menaçante. La foi chrétienne propose ici la ressource de la fraternité. Elle se fonde sur une vision de l’homme où relations d'altérité et estime de soi, loin de se concurrencer, s’alimentent l’une l’autre : "aime ton prochain comme toi-même".

Alors qu’elles viennent de connaître une période de paix intérieure et extérieure sans précédents, nos sociétés sont travaillées par une violence qui les meurtrit. Cette violence reflète pour une large part un contexte social où beaucoup ne parviennent plus à trouver leur place. Pour remédier à cette situation, endiguer la violence ne suffit pas : il faut œuvrer à l'avenir de ces personnes, de ces groupes ou de ces générations vulnérables, ce que les chrétiens appellent la préférence pour les pauvres.

L'appétit de profiter de l'instant exaspère autant qu'il anime nos sociétés. Elles aspirent en même temps sincèrement à un développement dans la durée qui respecte et donne sa chance aux générations futures. Mais le sentiment de crainte issu de la menace écologique ne peut pas à lui seul engendrer un changement des comportements. Il y va plus profondément d'un désir d'adopter de nouveaux modes de vie : l'esprit de service et la modération fondée sur l’amour du prochain sont un fruit de l'expérience religieuse.


Changer notre propre attitude

Pour que la Parole dont nous vivons soit aussi pour d'autres une source d'inspiration, il faut changer la manière d'en témoigner. Nous sommes décidés à y contribuer. D'abord en étant à l'écoute des enjeux publics de nos sociétés et en valorisant la tâche du politique, en l'encourageant à rechercher le bien commun. Les Semaines Sociales de France et leurs antennes régionales entreront dans ce dialogue. Ensuite, en reflétant la pluralité des expériences et des traditions chrétiennes : dans un monde marqué par une diversité croissante, le témoignage œcuménique ou inter religieux sur les grands sujets d'actualité est déjà une invitation au dialogue. En tournant le dos au langage autoritaire et dogmatique, et en ouvrant bien plus largement la parole aux femmes et aux jeunes générations. Cette évolution ne relève pas d'un exercice de communication. Elle demande une conversion du cœur, une redécouverte de l'esprit à l'œuvre  en nous mêmes et dans la société.


Ce que nous attendons de la société

Mais pour qu'un nouveau dialogue s'instaure ainsi avec la société autour de ses attentes profondes, il faut aussi que se dégèlent certains comportements figés dans une attitude  a priori  hostile, par principe ou par ignorance. A cet égard, les Semaines sociales de France s'adressent à tous les acteurs qui peuvent contribuer à restaurer un dialogue vrai entre religions et société :

  • Aux médias, parfois tentés de ringardiser ou de minimiser les convictions religieuses en les présentant comme archaïques ou moralistes afin qu’ils poursuivent leur effort d’information et d’explication sur l’apport des religions dans une société de plus en plus sécularisée.
  • Aux responsables des entreprises et des  administrations, afin qu'ils mettent en œuvre mais aussi respectent des chartes de la diversité, y compris religieuse.
  • Aux pouvoirs publics et aux grands acteurs nationaux, afin qu'ils  prennent en compte la trace, dans la mémoire collective, du fait  religieux, de son rôle pour les rythmes de vie, comme par exemple, le congé dominical, moyen d'un répit personnel et familial.
  • Aux Parlementaires, afin de poursuivre  jusqu'au bout la construction d'un service public de l'éducation pluraliste, y compris au plan des Universités.
  • Aux pouvoirs publics nationaux, locaux et municipaux, afin de promouvoir des instances nationales et locales de dialogue inter confessions et inter convictions, sorte de conseils de la fraternité.

A l'Education nationale enfin pour mettre en place progressivement mais résolument les outils de formation pédagogique montrant la place du fait religieux dans nos sociétés. Ce sera aussi une façon de garder la mémoire de notre laïcité républicaine.







 
Dernière modification : 16/06/2010