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La religion, l’éducation et la formation du citoyen
Sur le fait religieux et l’école, on assiste depuis 20 ans à une lente sensibilisation : deux rapports, Joutard 89 et Debray 2002 y ont contribué en remédiant à l’amnésie génératrice inculture religieuse ; ils en appellent à une école de toutes les intelligences, donc de l’intelligence religieuse.
- Tout élève, quelle que soit sa croyance ou sa non croyance, doit connaître l’essentiel sur les grandes religions.
- Tout enseignant quel que soit son itinéraire personnel est donc concerné.
En la matière, il existe déjà de nombreuses expériences originales et prometteuses, ainsi à Marseille où des collégiens découvrent à travers des visites de lieux de culte les réalités religieuses et culturelles juives, chrétiennes et musulmanes.
Mais l’éducation et la formation des citoyens se pratique également sur d’autres terrains que l’école. Dans la famille par exemple, lieu essentiel où le jeune est éduqué à la gratuité. Des mouvements et associations tel que le scoutisme ou Sant Egiddio sont d’autres lieux privilégiés pour répondre à ce défi à travers leur capacité à prendre en compte la totalité de la personne et à éduquer par l’expérience. L’éducation au pluralisme et à la paix se fait en ces lieux qui s’inscrivent dans une spiritualité explicite ; ils attirent aujourd’hui plus que jamais, ce qui est bien la preuve de leur rayonnement. Ce modèle d’éducation est décliné et déclinable dans d’autres religions et peut être mis en œuvre dans d’autres champs sociaux. Une intervenante musulmane a ainsi souligné que former le citoyen ne se fait pas à travers une éducation religieuse classique mais une écoute attentive des jeunes d’aujourd’hui, de leurs priorités, de leurs questions et aspirations.
À l’inverse d’une laïcité d’ignorance, la construction d’une laïcité d’intelligence qui fasse sa place à l’apport des traditions religieuses dépend de chacun d’entre nous.
Sur ce terrain comme sur d’autres, le problème est bien sûr celui de concrétiser les beaux discours par des propositions concrètes. Notre atelier vous en fait quatre :
- Tout d’abord, quand le Président de la République dit vouloir rénover la laïcité française dans un sens favorable à une juste prise en compte de l’apport des traditions religieuses, il nous faut le prendre au mot en lui disant que c’est d’abord par une mobilisation au profit de la transmission d’une culture générale des religions et de la laïcité qu’on y arrivera. C’est là la condition sine qua non…
- Ce qui implique de donner des moyens à long terme pour ce faire, en particulier afin de former les enseignants en la matière. En lien avec la restructuration des I.U.F.M. (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres), cette meilleure formation passe tout spécialement par la création dans l’enseignement supérieur d’un 1er cycle en « Sciences des religions et de la laïcité », qui donnera aux futurs professeurs un bagage et un diplôme incontestable, tout en assurant une meilleure prise en compte intellectuelle et symbolique de l’apport spécifique des traditions spirituelles à la vie collective. Une fois les professeurs formés en effet, il faudra aussi s’occuper des infirmières, des policiers, des assistantes sociales, des militaires, des fonctionnaires et des élus locaux, des agents d’offices d’ H.L.M. (Habitations à loyer modique) ou des pompes funèbres, etc, etc… autrement dit tous les professionnels obligés au quotidien par leur métier à gérer la nouvelle diversité ethno-religieuse et culturelle du pays. Ce qui concerne aussi bien sûr bon nombre d’entreprises du secteur privé, voire tout citoyen soucieux de comprendre le monde dans lequel il vit et ceux qui le partagent avec lui…
- Pour atteindre un objectif aussi ambitieux, deux outils innovants peuvent être mis en place :