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Religion et sociétés face aux sciences et aux dilemmes éthiques
Trouverons nous Dieu au bout d’une lunette astronomique ou au fond d’un microscope de laboratoire ? Telle était l’une des question posée à l’atelier Sciences , Religion et éthique au cours des dernières semaines sociales.
Le dialogue entre sciences et foi a véritablement commencé avec la controverse sur l’heliocentrisme . Au XVe et XVIe siècle deux astronomes (Copernic et Galilée) affrontaient l’Église au risque de leurs vies. Ce rapport de défiance entre la religion et les sciences a pris de l’ampleur avec Descartes et a conduit au positivisme scientifique qui a tant marqué le XIXe , le XXe et encore le début de ce siècle.
La science par l’ampleur de ses découvertes au sein des sciences dures puis des sciences du vivant a conduit les sociétés contemporaines à éprouver une sentiment d’ivresse: découverte de l’infiniment petit, du génome humaine, mais aussi l’infiniment grand, l’univers, la vitesse, les lumières noires... Au sein de la recherche médicale l’accélération des découvertes ces dernières années est absolument prodigieuse: procréation assistée, âge de la maternité repoussée, cellules souches, etc… tant de progrès nous laisse entrevoir un rêve d’éternité... tout semble possible et l’Homme devient l’égal du Dieu créateur.
À l’inverse les religions se sentent comme assiégées par les sciences et laissent naître dangereusement dans l’opinion publique l’idée que les sciences auraient les vertus du progrès pendant que les religions se recroquevilleraient sur la tradition.
Les religions mènent un vain combat en essayant de chercher dans la science une justification des Écritures. Par contre elles sont légitimes quand elles interrogent les sciences sur le sens d’autant que ce dernier se déplace au fur et à mesure que les sciences croient le saisir.
La communauté scientifique commence elle même à se faire à l’idée de la fin des certitudes scientifiques , et découvre ses propres « incomplétudes ». Cette étape nouvelle n’est pas encore perçue par le grand public. La science est dans la sphère du comment et la religion est dans la sphère du pourquoi mais ces deux sphères doivent se questionner mutuellement.
La complexité des avancées scientifiques légitime la réflexion éthique. L’éthique n’est pas la morale. Cette dernière propose des réponses avant que les questions ne se posent. Alors que l’éthique surgit lorsque le questionnement apparaît, et laisse place au débat sans le refermer.
Dans les nouveaux espaces éthiques qui naissent ici et la à côté des instituts de recherche, des centres de soins, les chrétiens contribuent à faire ériger des principes qui font consensus :
- l’indisponibilité du corps humain,
- la non commercialisation du vivant,
- la dignité de la personne,
- l’autonomie du moi ou le libre consentement.
Créant ce que Benoit XVIe qualifie de « valeurs éthiques communes »
Non Dieu n’est ni au bout de la lunette astronomique, ni au fond du microscope, il n’est pas là où on le cherche. Levinas nous proposait de le trouver « caché dans le visage de l’autre ».
Responsable de l’atelier "religion et sociétés face aux sciences et aux dilemmes éthiques": Hubert Chicou