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Des faits nouveaux tant du coté des religions que de la société
La résurgence parfois dramatique de l'intolérance, la manipulation du religieux pour attiser les conflits, masquent en réalité une autre évolution profonde et prometteuse de la relation entre les Religions et les sociétés d'aujourd'hui. Cette évolution est patente, depuis une dizaine d'années. Elle a pris place en France et dans divers pays d'Europe. Mais elle touche toutes les parties du monde. Partout en effet; les progrès des technologies et de l'économie marchande multipliant les possibilités ouvertes aux choix et aux libertés humaines, se pose du même coup avec acuité la question du sens de ces libertés: à quoi bon, pour quelle qualité de la vie humaine et sociale? L'esprit religieux s'en trouve à la fois bousculé et sollicité. La rapidité des évolutions, la mobilité croissante redonnent au fond de l'importance à "ce qui ne passe pas".
Ainsi surgit dans la société elle-même un espace public ouvert à l'interrogation que portent les philosophies et les religions, libéré de certains des préjugés antérieurs. Réciproquement, les religions, dans notre Europe les Eglises, ont pris pleinement acte de la diversité culturelle et religieuse dans laquelle les croyants sont immergés, dans leur vie privée ou professionnelle. Elles situent leur conviction et leur expérience des relations humaines comme un apport à la recherche du bien commun et non comme un savoir exclusif. La parole du Pape Benoît XVI fait mouche, en annonçant qu'il est fondamental de "prendre une conscience claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elles peuvent apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental ans la société"(1).
A cause de ce mouvement convergent, les temps nous semblent propices pour une meilleure prise en compte du christianisme – et des grandes religions - dans la société d’aujourd’hui, et réciproquement. Pour autant les malentendus restent considérables, comme l'a montré le débat avorté sur la référence aux sources chrétiennes des valeurs européennes. La rencontre féconde entre religions et sociétés est possible et porteuse de grands espoirs. Elle n'est pas acquise. Il faudra de part et d'autre, faire un chemin.
Les Semaines sociales de France sont préparées à ce dialogue et souhaitent contribuer à son développement.
Constituées il y a plus d'un siècle à l'appel de l'Encyclique Rerum novarum, les Semaines sociales de France se situent par vocation dans la perspective de ce dialogue avec la société. Leur conviction catholique les engage dans la recherche de réponses aux grandes questions sociales. Elles regardent donc avec confiance les réalisations majeures accomplies ou espérées par la modernité démocratique du monde d'aujourd'hui: