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Religions et société :
la perspective d'un nouveau dialogue



1ère partie : Un nouveau dialogue
2ème partie : L'inspiration chrétienne
3ème partie : Changer son attitude
4ème partie : Les attentes





1ère partie : Un nouveau dialogue


Des faits nouveaux tant du coté des religions que de la société



La résurgence parfois dramatique de l'intolérance, la manipulation du religieux pour attiser les conflits, masquent en réalité une autre évolution profonde et prometteuse de la relation entre les Religions et les sociétés d'aujourd'hui. Cette évolution est patente, depuis une dizaine d'années. Elle a pris place en France et dans divers pays d'Europe. Mais elle touche toutes les parties du monde. Partout en effet; les progrès des technologies et de l'économie marchande multipliant les possibilités ouvertes aux choix et aux libertés humaines,  se pose du même coup avec acuité la question du sens de ces libertés: à quoi bon, pour quelle qualité de la vie humaine et sociale? L'esprit religieux s'en trouve à la fois bousculé et sollicité. La rapidité des évolutions, la mobilité croissante redonnent au fond de l'importance à "ce qui ne passe pas".


Ainsi surgit dans la société elle-même un espace public ouvert à l'interrogation que portent les philosophies et les religions, libéré de certains des préjugés antérieurs. Réciproquement, les religions, dans notre Europe les Eglises, ont pris pleinement acte de la diversité culturelle et religieuse  dans laquelle les croyants sont immergés, dans leur vie privée ou professionnelle. Elles situent leur conviction et leur expérience des relations humaines comme un apport à la recherche du bien commun et non comme un savoir exclusif. La parole du Pape Benoît XVI fait mouche, en annonçant qu'il est fondamental de "prendre une conscience claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elles peuvent apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental ans la société"(1).


A cause de ce mouvement convergent, les  temps nous semblent propices  pour une meilleure prise en compte du christianisme – et des grandes religions - dans la société d’aujourd’hui, et réciproquement. Pour autant les malentendus restent considérables, comme l'a montré le débat avorté sur la référence aux sources chrétiennes des valeurs européennes. La rencontre féconde entre religions et sociétés est possible et porteuse de grands espoirs. Elle n'est pas acquise. Il faudra de part et d'autre, faire un chemin.


Les Semaines sociales de France sont préparées à ce dialogue et souhaitent  contribuer à son développement.
Constituées il y a plus d'un siècle à l'appel de l'Encyclique Rerum novarum, les Semaines sociales de France se situent par vocation dans la perspective de ce dialogue avec la société. Leur conviction  catholique les engage dans la recherche de réponses aux grandes questions sociales. Elles  regardent donc avec confiance les réalisations majeures accomplies ou espérées par la modernité démocratique du monde d'aujourd'hui:

  • La  séparation des pouvoirs et l'autonomie du politique, la laïcité et l'esprit de tolérance qui en découlent, accomplissent selon nous une parole évangélique.
  • Nous comprenons et soutenons la requête actuelle d'un développement personnel. La mise en avant de la personne humaine et de son caractère sacré, de sa dignité, sont des constantes de l’Evangile et du christianisme.
  • L’universalisme qui marque le message chrétien dès ses origines, nous rend familier le monde moderne mondialisé et nous comprenons son aspiration à l'unité, aussi difficile soit-elle.

Ces aspirations de notre modernité sont loin cependant de recevoir des réponses claires. Une lecture réaliste des événements suggère au contraire des reculs et des déceptions. Ce que certains philosophes ont déjà nommé un désenchantement,  ne s'adresse pas aux religions, mais bien aux pouvoirs politiques. Dans ce contexte, le message des Semaines sociales vise plutôt à encourager ceux-ci, en soulignant la force et la profondeur des enjeux du Bien commun auquel la politique à vocation d'être attachée.

                                               
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(1) Discours de réception à l'Elysée, 11 septembre 2008.
 
Dernière modification : 18/02/2013