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L'inspiration chrétienne offre une vision créatrice et féconde face aux questions d'actualité que se posent nos sociétés
Vivre la coexistence des cultures comme une chance et non comme une menace.
Des forces antagonistes travaillent nos sociétés, en France et en Europe. D'un coté s'affirment l'aspiration individuelle à s'accomplir et à se construire librement, ainsi que le droit à la différence et à la non-discrimination. De l'autre, les différences et la multi-culturalité sont aussi ressenties comme des menaces au regard de la préservation des identités historiques, au point que partout en Europe, les forces politiques qui se réclament de l'intolérance trouvent un écho croissant et inquiétant. Comment surmonter cette tension? Elle nécessite un travail en profondeur de la société sur elle-même et avec les migrants qu'elle reçoit: un travail encadré par la loi, qui associe les droits et les devoirs des uns et des autres; mais aussi un travail culturel permettant de percevoir la diversité comme une richesse.
Sans obliger de croire en un Dieu, la foi chrétienne propose un fondement universel pour un tel travail social. Elle se réclame en effet de l'unicité radicale de chaque personne et de la vocation de chaque personne à s'ouvrir vers autrui, sans perdre pour autant son identité personnelle. Ce principe d'altérité ouverte, cette faculté à accueillir l’Autre dans sa différence même est au fondement de l’anthropologie chrétienne. La foi en un Dieu radicalement Autre et pourtant source de l'amour conduit à accueillir sans crainte l’altérité. De même, le sens de la fraternité universelle (Vous avez un seul Père et vous êtes tous frères) repose pour la foi chrétienne sur la fraternité en Christ. Pour autant cette perspective peut être comprise et vécue en dehors de la Foi chrétienne: elle n’est la propriété d’aucune religion mais recèle un trésor de vie.
Le souci des pauvres comme une voie de pour le perfectionnement de la société et la lutte contre les sources de la violence.
Alors que nous vivons, au moins en Europe, une des périodes de paix les plus prolongées de notre histoire, les questions de sécurité, face à diverses formes de violence et d'incivilité, obsèdent nos sociétés. La responsabilité des auteurs des violences ne peut être éludée: mais précisément la difficulté réside dans le fait que le sentiment de responsabilité est plus difficilement transmis. La violence des banlieues est la face visible de l'affaiblissement plus large du lien social. Le cri de ceux qui ne peuvent s'intégrer à la société nous alarme sur un émiettement généralisé de la solidarité. La répétition de la violence fait écho à l'impossibilité de recevoir un pardon, dans une société où règne souvent le pas vu, pas pris.
Face à cette difficulté, la préférence pour les pauvres, un principe essentiel de la tradition sociale chrétienne, ouvre une piste paradoxale mais féconde. L'action sociale conduite seulement par la crainte des ravages de la pauvreté n'ira jamais au fond des choses. En revanche, en aménageant vraiment l'accès à la formation professionnelle, à un logement décent, aux services de santé pour ceux qui en ont le plus besoin, on ne fait pas que lutter contre la pauvreté. C'est la société tout entière qui peut reprendre confiance en elle.
Un développement soutenable, orientation vers l'avenir, fruit de la solidarité et du sens de la communauté.
Les sociétés européennes ont dans leur ensemble pris conscience des risques attachés à la poursuite du présent mode de croissance. Non seulement celui-ci comporte pour la génération à venir un risque grave de rupture, mais dès aujourd'hui les désordres écologiques deviennent une source de conflits et d'exodes. Pour autant les changements de comportements qu'une riposte efficace exigerait, sont encore très timides. Il arrive même qu'une sorte de fatalisme et d'immobilisme se trouvent renforcés devant la succession des prévisions plus précises et plus alarmantes.