Effectuez une recherche La recherche porte sur l'ensemble du site, mots clef et occurrences
Les attentes [4/4]
4ème partie : Les attentes
Ce que nous attendons de la société: les conditions d'un échange avec les religions et la foi chrétienne
Inversement, pour que ce dialogue attendu se développe, il faut aussi une attention, une disponibilité de la part de la société. Disons-le avec netteté, le dialogue avec la société, en particulier avec les instances politiques et sociales, suppose que l'interlocuteur ne récuse pas à-priori la contribution chrétienne pour des motifs dogmatiques. Nous entendons par dogmatisme en particulier l'idée que la religion n'aurait rien à dire sur les questions publiques, ou qu'elle serait seulement préoccupée d'imposer un ordre moral, nostalgique d'un pouvoir perdu. La société civile et les pouvoirs publics devraient eux aussi pouvoir évoluer, afin de permettre aux religions, en tant qu'éducatrices des consciences et des libertés d'apporter d'avantage leur contribution à la vie de la cité.
Bref, il faut que la République et la société dans son ensemble accepte que les communautés religieuses s’expriment sur les grands sujets de société sans que soit aussitôt suspectée ou dénoncée une atteinte à la laïcité. S'agissant particulièrement de notre pays, nous proposons:
Aux acteurs des medias, dont l'influence sur l'éthique et les conduites personnelles est devenue particulièrement décisive, de poursuivre leur effort d’information et d’explication sur l’apport des religions face auxgrands enjeux concernant l'avenir de la société, en particulier ce qui touche au début et à la fin de la vie humaine, ou encore la place faite aux groupes les plus vulnérables.
Aux responsables des grandes administrations ou entreprises d'ouvrir, dans le cadre des activités culturelles et associatives qu'elles soutiennent ou encouragent pour leurs salariés, un espace pour l'expression religieuse et l'échange interculturel. Nous les invitons également à mettre en œuvre des chartes de la diversité, y compris religieuse.
Aux responsables gouvernementaux et aux parlementaires des différents familles politiques de promouvoir la connaissance et la mémoire de la culture religieuse de notre pays, en tant qu'un élément constitutifde son identité laïque. Sans cette connaissance et sans cette mémoire, la laïcité vertueuse, propre à notre pays, perdrait ses repères. A cet égard, nous insistons pour la sauvegarde du principe du repos dominical, dont la signification dépasse les seuls pratiquants religieux. De même, nous invitons à poursuivre la mise en place au cours de la scolarité, d'une formation à la connaissance du fait religieux qui ne peut se faire sérieusement sans la mise en place d’un enseignement universitaire public de qualité dédié à cette matière.
Aux Parlementaires, de compléter l'œuvre déjà riche du service public de l'éducation. Sous la condition du respect d'un cahier des charges républicain, elle permet à différentes traditions religieuses d'assumer ce service et de fortifier la citoyenneté. Cette œuvre qui a porté de nombreux fruits dans l'enseignement primaire, secondaire et technique doit être poursuivie, selon les mêmes principes, également pour l'enseignement supérieur.
Aux pouvoirs publics locaux et municipaux, particulièrement dans les très grandes agglomérations, de mettre en place les conditions d'un dialogue régulier avec les représentants des diverses religions sur les questions du bien-être et du vivre ensemble des citoyens, à l'image des expériences fécondes engagées à Lyon, Marseille, Saint-Etienne et dans d'autres villes de France. Ces initiatives, sortes de conseil de la fraternité au sens de la devise républicaine,encourageraient le dialogue interreligieux lui-même.