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Le Conseil des Semaines Sociales s'exprime sur les récents événements de l'Eglise




Paris, le 14 avril 2009



      A tous les membres et amis des Semaines sociales de France

      Au nom des membres du conseil d’administration des Semaines sociales de France, je voudrais vous dire combien, comme beaucoup d’entre vous, comme beaucoup de catholiques en France et à l'étranger, nous avons été meurtris par trois événements douloureux qui ont secoué les catholiques depuis deux mois. Comme en témoigne l'exceptionnel courrier des lecteurs des organes de la presse chrétienne, nombre de catholiques se sont sentis en décalage avec les choix pastoraux au plus haut niveau, tels qu’ils ont été conçus ou communiqués. Mais plus douloureux encore est de constater que le message chrétien porté par l’Eglise en réponse aux préoccupations de la société civile de notre temps a été brouillé, déformé, au risque de faire oublier l’immense apport de Vatican II.


      Les très nombreuses réactions qu'ont suscitées ces événements au sein de l'Eglise peuvent troubler. Pour nous, elles témoignent surtout de la possibilité et de la vitalité du débat en Eglise. Les responsables de la Conférence des évêques de France, notamment, ont su trouver un ton juste, sensible et éclairant. Ce débat a suscité en retour une réponse exceptionnelle du Pape Benoît XVI qui nous a réconfortés.


      Mais, dans ce contexte troublé, il nous parait utile que les Semaines sociales de France s’adressent à tous ceux qui ont reçu et soutenu le message émis lors de leur session de Lyon 2008, consacrée aux "religions, espoirs ou menaces pour la société".


      Dans ce message, nous exprimions notre confiance "dans la possibilité d'une meilleure prise en compte du christianisme et des grandes religions dans la société d'aujourd'hui et réciproquement". A la lecture des événements de ces derniers mois cet espoir semble déçu.


      De fait, du côté des Eglises elles-mêmes, nous soulignions la "nécessité de promouvoir le dialogue au sein de l'Eglise catholique, en particulier sur les sujets de société, estimant que seulement en assumant sa propre diversité, le monde des croyants pourrait aujourd'hui porter une parole vers la société". Les événements récents montrent  les effets néfastes du manque de dialogue au plus haut niveau de la hiérarchie ecclésiale.


      Du côté des media qui informent et souvent forment l'opinion publique, nous appelions au "respect des différents points de vue des religions, lorsqu'elles s'expriment sur les grands enjeux concernant l'avenir de la société, en particulier pour ce qui touche au début et à la fin de la vie humaine, ou encore de la place faite aux plus vulnérables". Nous mettions en garde, d'une manière générale, contre "le dogmatisme qui affirme que les religions seraient seulement préoccupées d'imposer un ordre moral, nostalgique d'un pouvoir perdu". C'est peu de dire que nous n'avons pas été entendus.


      Cette situation nous invite au réalisme et à la modestie. Elle ne découragera pas les Semaines sociales de France de continuer à œuvrer pour le dialogue au sein de l'Eglise, comme entre les Eglises et les religions, car c’est la transmission de la Bonne nouvelle qui est en jeu. Nous continuerons aussi de croire en la possibilité pour les media de donner à comprendre le message des religions sans le trahir ; c’est une question de respect de l'opinion publique elle-même.


Pour le Conseil des Semaines Sociales
Jérôme Vignon





 
Dernière modification : 14/04/2009
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