
« J'étais un enfant défavorisé et tu m'as ouvert les portes de l'école »
Dans la formation, tout se joue dès l’école. Les inégalités qui y naissent sont les plus lourdes à corriger. En dépit de grands efforts d’adaptation et du dévouement des enseignants, elle peine à réduire le nombre d’enfants qui accèdent au collège sans maîtriser lecture, écriture et calcul.
Pour que le droit au savoir et à l’éducation soit mieux assuré, au-delà des multiples initiatives aujourd’hui, des efforts particuliers sont à fournir dans deux autres directions.
L’essentiel des changements reste à accomplir : formation et préparation psychologique des enseignants, coordination et encouragement au travail en commun de corps professionnels peu intégrés jusqu’ici (médecine scolaire, éducateurs des IMP, enseignants, etc.), aménagement des locaux et création de postes d’aide à la vie scolaire et de formateurs nécessaires.
Plus nos appareils administratifs sont lourds, plus l’expérimentation y apparaît nécessaire. Il serait donc particulièrement utile de faire fond sur le désir de beaucoup d’enseignants qui ne se résignent pas à l’échec des enfants. On pourrait, grâce à eux, mettre en place -à titre expérimental- des établissements publics d’un type nouveau, sous la responsabilité de collectivités territoriales. Les enseignants seraient recrutés par la direction de l’établissement dans un corps de professeurs ayant les certifications requises. Placés sous un autre type de contrat que celui de l’éducation nationale, ils assureraient, à côté de leur enseignement proprement dit, l’accompagnement d’élèves, un travail interdisciplinaire, des relations avec les familles. Ceci impliquerait un temps de travail de l’ordre de 26 heures. Une telle innovation favoriserait l’émulation, y compris avec l’enseignement libre, et pourrait rendre espoir à beaucoup de familles. Elle pourrait offrir aux enseignants, après un début de carrière dans les établissements ordinaires, une utile expérience d’une autre façon d’exercer leur métier.