Manifeste franco-allemand pour une conscience européenne
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paru dans La Croix du jeudi 18 mai 2000
Manifeste
pour une conscience européenne
En tant que présidents des Semaines sociales de France
et du Zentralkomitee der deutschen Katholiken, deux associations de laïcs
catholiques engagés dans le débat religieux et civique, nous voulons
nous adresser aujourd'hui aux opinions publiques de nos pays et, plus largement,
de la grande Europe. Nous nous inscrivons dans la tradition franco-allemande
d'une contribution active à la construction européenne. Nous prenons
place également dans le débat qui s'est développé
depuis quelques années, au sein de la société civile européenne.
Notre initiative se veut ouverte à l'ensemble des mouvements de laïcs
chrétiens qui veulent participer à la formation d'une conscience
européenne.
Jean Boissonnat
Hans-Joachim Meyer
1 - LIMINAIRE
D'où vient ce sentiment de désenchantement qui
envahit les peuples d'Europe? L'uvre accomplie par les ouvriers de l'Europe
en l'espace de deux générations n'est-elle pas immense ? Vaclav
Havel nous propose une réponse forte quand il dit : "Je n'arrive
pas à me débarrasser de la sensation que ces avancées ne
sont que le résultat d'un processus d'une autre époque, dans un
autre contexte, et que ce projet se laisse porter sans véritable impulsion
nouvelle, sans réelle connaissance de ses tenants et aboutissants. On
dirait que l'Europe en formation n'a pas suffisamment pris en compte le contexte
foncièrement nouveau dans lequel elle évolue aujourd'hui, pour
tenter de repenser ou plutôt de s'interroger sur son essence".
C'est dans cette perspective que se situe ce manifeste. Nous
voulons contribuer au développement d'une conscience européenne
dans les sociétés qui composent l'Union d'aujourd'hui et de demain.
Les héritages d'une histoire commune ne suffisent pas à définir
cette conscience d'appartenir à une communauté de destin. Seule
une vision globale de l'homme peut fonder cette conscience. Elle a ses racines
dans la tradition judéo-chrétienne, désormais inscrite
dans la mémoire européenne au-delà des seuls chrétiens,
et dans le monde gréco-romain.
Oui, nous en appelons à l'esprit des Lumières avec tout ce qu'il
signifie : le sens de l'altérité fraternelle, le choix d'une vision
du temps comme possibilité d'un progrès collectif dont chacun
doit avoir sa part, une vocation à l'universel vécue non pas dans
l'arrogance mais dans l'humilité, une relation entre le spirituel et
le temporel qui préserve la liberté de conscience de chacun. Il
en découle des conséquences pratiques abordées par ce manifeste.
Mais il y va aussi de l'attractivité de l'Union elle-même pour
les citoyens. Selon nous, si l'Europe ne fait plus recette aujourd'hui, ce n'est
pas seulement en raison des défaillances de ses institutions. C'est aussi,
et peut-être surtout, par manque d'ambition sur son projet.
Si nous prenons la parole maintenant, c'est en raison de la dissonance que nous
ressentons entre cette vision et l'orientation, ou plutôt l'absence d'orientation,
qui nous semble caractériser la construction européenne aujourd'hui.
Notre inquiétude s'alimente au manque de clarté sur les finalités
poursuivies, à la conception minimaliste des attentes des citoyens, à
l'ambiguïté sur le périmètre de l'Union future, à
l'incohérence entre certains objectifs affichés et les moyens
pour les atteindre. La mobilisation, tant attendue, des citoyens, ne peut se
faire qu'en vérité.
En fait, nous ne nous résignons pas à ce que
l'Europe devienne plus un acquis qu'une espérance : que valent, en effet,
l'acquis d'institutions sans l'espérance d'un supplément de démocratie,
l'acquis d'une monnaie sans l'espérance de la cohésion sociale,
l'acquis de l'ouverture au monde sans l'espérance d'une coresponsabilité
du monde ?
2 - QU'EST-CE QUI NOUS UNIT ?
A quoi invitons-nous
les peuples et les nations d'Europe centrale et orientale auxquels nous proposons
de nous rejoindre ? Cette question de l'"ethos" - c'est-à-dire
du fondement moral du projet européen - , est pour nous décisive.
Quelle idée l'Europe se fait-elle d'elle-même ? Quelle sera la
contribution conceptuelle de l'Europe à la mise en forme d'un ordre politique
mondial ? Nous en sommes bien persuadés : le fondement moral du projet
européen et celui qui sous-tend le prochain élargissement de l'Union,
ne doivent faire qu'un. Cette exigence est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui
ni la langue, ni la culture, ni la religion ne nous sont communes. Ce qui nous
unit ne peut donc être que leur fondement.
On ne peut donc échapper à une réflexion en profondeur
sur ces valeurs fondamentales et sur les principes d'organisation qui en découlent
pour les sociétés européennes. Les uns et les autres reflètent
une vision de l'homme, comme être à la fois personnel et social,
en même temps qu'ils ont constitué le ciment de tout ce qui fut
à l'origine des succès passés de l'Union européenne.
La paix, emblème de cette Union, n'est que le fruit de ces valeurs. Cette
paix, que recherche précisément tout notre savoir faire politique,
ne va pas de soi ; elle demande à être construite, à être
élaborée en permanence ; telle est, du moins, l'expérience
de la construction européenne depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
C'est pourquoi, il nous semble important de désigner les valeurs de base
et les principes qui sont au fondement du projet européen :
1 - La liberté et la subsidiarité.
Un ordre politique construit sans la liberté ne peut que déboucher
sur le totalitarisme ; il se privera du même coup du potentiel constitué
par la réflexion autonome de chacun. La subsidiarité est, au plan
collectif, ce qu'est la liberté au plan personnel ;
2 - Responsabilité et solidarité.
C'est à la prise de responsabilité par les individus et à
leur désir de justice que l'on reconnaît les sociétés
vraiment humaines. Le principe correspondant d'organisation sociale est la solidarité,
qui met la société à l'abri d'un individualisme dissolvant.
3 - Tolérance et pluralisme.
L'esprit de tolérance demeure, au plan personnel, la première
condition pour faire échec aux conflits potentiels recélés
par les différences ethniques, culturelles ou religieuses. Le principe
d'organisation sociale correspondant repose sur la reconnaissance de la pluralité
et de la diversité au sein de nos sociétés : l'échange
mutuel, le respect des autres, la réconciliation à partir de situations
opposées, constituent, de fait, des conditions indispensables à
la préservation de la paix.
En tant que chrétiens, nous avons la conviction que ces valeurs et principes
de base peuvent à la fois cristalliser un consensus sur les valeurs de
la grande Europe, et offrir des critères pratiques pour l'orientation
de l'action collective.
De même, ces valeurs et principes de base sont-ils nécessaires
à la transparence et au progrès de l'idée d'Europe. Il
ne faut pas perdre de vue sa finalité, ce qui implique de mettre en oeuvre,
de façon cohérente, les critères correspondants dans les
divers domaines pratiques de la politique. C'est seulement ainsi que nos concitoyens
et nos concitoyennes percevront que l'Europe ne constitue pas une menace pour
notre temps, mais bien un instrument politique pour assumer les défis
du futur, et pour surmonter les craintes et les incertitudes liées au
progrès de nos libertés.
L'élaboration d'une charte européenne des droits fondamentaux
peut ici servir le besoin de fonder l'identité européenne, dans
la mesure où son implication juridique serait garantie. Cette charte
devrait rassembler les principes généraux d'une démocratie
européenne, et elle devrait être approuvée solennellement
par les peuples qui la composent (au suffrage direct, ou par les représentants
du peuple, selon la tradition de chaque pays). C'est au nom de ces principes
que l'Union pourrait, éventuellement, mettre en garde tel ou tel des
pays membres, contre les dérives qui apparaîtraient chez des responsables
politiques tentés de s'en écarter, par exemple en proférant
des propos racistes, xénophobes ou antisémites.
3 - L'IDENTITÉ EUROPÉENNE EST UNE IDENTITÉ
SOCIALE
Dans la
tradition chrétienne comme dans le patrimoine de la pensée humaniste,
l'individu n'acquiert pas sa liberté en se coupant de la société
. L'épanouissement de sa personnalité s'accomplit dans une relation
complète avec autrui, faite de réciprocité et de don. Il
en découle, pour la société tout entière, que la
paix ne peut être durable sans justice sociale, tout en sachant que, selon
les pays et le degré d'évolution économique, les conceptions
de la justice sociale pourront différer. Mais l'exigence de justice sociale
pour fonder une croissance économique stable et durable est incontournable.
Cette conviction est si profondément ancrée dans nos histoires
respectives, que nous ne pouvons imaginer une identité européenne
qui l'ignore, pour aujourd'hui et pour demain.
Les responsables associatifs et syndicaux, mais aussi les très nombreux
responsables d'entreprise qui militent dans nos associations, l'attestent par
leur pratique quotidienne : l'efficacité économique, l'acceptation
de la concurrence et la créativité qui en découlent, ne
sont en aucune façon incompatibles avec la recherche affichée
de la justice sociale. Cela reste vrai dans le contexte actuel de la mondialisation
.
Au nom de notre expérience propre et de l'inspiration chrétienne
qui l'anime, nous voulons souligner l'importance de quatre conditions pratiques
pour établir une tension féconde entre l'économique et
le social :
La première concerne la place accordée
aux communautés, groupes et individus les plus pauvres dans nos sociétés,
ou qui s'y trouvent menacés d'exclusion. La reconnaissance et donc l'insertion
de ces groupes sociaux (chômeurs de longue durée, sans domicile
fixe, handicapés, migrants, demandeurs d'asile),.est une nécessité
de survie pour tous. Elle implique que des ressources suffisantes, publiques
et privées, lui soient prioritairement consacrées. Mais cela ne
suffit pas. Les stratégies les plus fécondes de réinsertion
sociale, en Europe, sont celles qui mettent en avant des "droits participatifs".
Ces droits participatifs visent à établir un lien entre les droits
et les devoirs des groupes aidés, en même temps qu'ils assignent
au corps social la responsabilité de rendre possible cette participation
en toute liberté.
La deuxième condition, profondément liée
aux traditions du modèle européen de société, tient
à la qualité du dialogue social. Aujourd'hui le dialogue social
européen constitue un cadre indispensable, sinon un point de passage
obligatoire, pour les avancées sociales au plan national. Or, il reste
décevant, bien au deçà des enjeux dont il est porteur.
Les raisons n'en sont pas institutionnelles mais politiques. Nous voulons encourager
vivement les instances confédérales de nos pays, employeurs et
syndicats, à intensifier la coopération avec leurs homologues
des autres pays, afin de renforcer le dialogue social au niveau européen.
Nous les invitons à prendre une initiative forte de leur propre initiative
; les chantiers ne manquent pas.
La troisième condition touche à l'approfondissement des
règles de la concurrence au sein de l'Union. La concurrence qui se développe
en Europe est porteuse d'innovation et de création d'activités
nouvelles. Mais les résistances auxquelles elle se heurte sont également
justifiées par l'insuffisance des règles dans lesquelles elle
s'exerce. Ce cadre n'a plus la qualité qui était la sienne à
l'échelle des espaces nationaux. En particulier, le refus d'établir
un cadre de convergence fiscale encourage une concurrence déloyale et
accroît les inégalités, en favorisant les revenus financiers
au détriment de l'emploi pour la main d'oeuvre moins qualifiée.
Ce refus constitue un facteur de chômage structurel.
La quatrième
condition tient à la manifestation de nouveaux principes de justice sociale.
L'équilibre et le dynamisme que nous avons connus pendant plusieurs décennies
après la seconde guerre mondiale ont été dus en large part
à l' enrichissement de nos constitutions par l'instauration de droits
sociaux, c'est-à-dire de droits individuels garantis par la collectivité.
Sur la base des acquis, mais aussi des limites, de l'Etat-providence, ces droits
sociaux doivent être renouvelés et actualisés. La charge
de leur contrepartie doit incomber non seulement aux différentes collectivités
publiques, mais aussi à la responsabilité directe des citoyens,
selon le principe de subsidiarité.
C'est dans cet esprit que l'élaboration d'une charte européenne
des droits humains fondamentaux, exigeante quant aux nouveaux droits sociaux,
constituerait une référence symbolique utile, tant pour le développement
ultérieur de l'Union que pour son identité internationale.
4 - LA RESPONSABILITÉ DE l'EUROPE POUR LA PAIX ET LA JUSTICE DANS
UN MONDE GLOBAL
A l'origine
des grandes découvertes géographiques qui préfiguraient
la mondialisation d'aujourd'hui, et des conflits les plus meurtriers de l'histoire
de l'humanité, l'Europe semble comme en retrait de ce mouvement tâtonnant
dans lequel un monde global émerge, où les interdépendances,
les risques mais aussi les solidarités sont de plus en plus forts. Elle
redécouvre, par ailleurs, avec étonnement et dans l'impréparation,
l'instabilité aux portes de son propre territoire et la guerre, car c'est
bien ainsi qu'il convient de désigner les événements dans
les Balkans.
Si l'Europe souhaite se donner les moyens politiques d'assumer ses responsabilités
internationales au service de la paix et de la justice, elle doit agir résolument
dans trois directions :
Approfondir
le droit des peuples et construire l'ordre international qui l'organise,
tout d'abord. Elle doit, en particulier, contribuer à définir
des critères et les conditions selon lesquels des interventions à
caractère humanitaire sont justifiées au nom de la protection
des droits de l'Homme. L'expérience de ces dernières années
montre aussi que, si le recours à la force demeure un ultime ressort,
il doit être accompagné, en amont, par des mesures préventives
et des sanctions prémilitaires et, en aval, par des plans d'action visant
à permettre la mise en place d'un Etat de droit et la formation d'une
société civile. Ainsi le pacte de stabilité dans les Balkans
doit être conçu dans la perspective d'une future adhésion
des pays de l'Europe du Sud-Est à l'Union européenne ; c'est une
des meilleures garanties d'une paix durable de notre continent et un test de
la capacité de l'Union à uvrer effectivement en faveur de
la paix.
Il faudra sans doute une détermination très forte de nos décideurs
politiques pour construire ensemble une véritable politique étrangère
et de sécurité commune pour l'Union, qui reste aujourd'hui embryonnaire.
Peut-être que cela ne sera possible qu'avec une partie des Etats-membres
dans un premier temps. L'important est que l'Europe devienne acteur et non spectateur
de son propre destin, au service de la sécurité des peuples.
Ne pas renoncer à lutter contre le sous-développement,
ensuite. La tentation du repli sur soi est là, comme en témoigne
la diminution régulière des flux d'aide à ces pays. Elle
s'alimente de l'idée, fausse, qu'une insertion efficace dans les marchés
mondiaux libéralisés suffit à résoudre leurs problèmes.
La mondialisation est certes une espérance pour le développement
mais elle ne peut être l'alibi d'un repli de la solidarité, car
tous les pays ne l'abordent pas avec des chances égales, et elle produit
aussi des inégalités. L'Union doit donc au minimum maintenir ses
efforts actuels tout en cherchant à en améliorer l'efficacité,
à travers la capacité d'expression d'une seule voix dans les enceintes
multilatérales compétentes, le respect de l'efficacité
des structures de coopération bilatérales, entre Etats qui ont
grandi jusqu'à aujourd'hui, et plus encore la capacité de développement
des organismes non gouvernementaux. L'inscription ferme dans les politiques
de coopération menées par l'Union, des moyens qui garantissent
que ces aides serviront effectivement à lutter contre la pauvreté,
et que les Etats qui en bénéficient progressent vers le respect
des droits de l'homme et la démocratie, est aussi importante à
cet égard.
Agir pour la maîtrise de la globalisation, enfin.
Toutes les crises internationales récentes, qu'elles touchent à
la sécurité alimentaire, à la stabilité macrofinancière,
à la protection de l'environnement, au développement de la grande
criminalité internationale, illustrent le décalage croissant entre
des marchés, de biens, de services et de capitaux, des organisations
privées, des instruments de communication qui se déploient à
l'échelle du monde, et des institutions internationales de régulation
qui, soit crées après la guerre, n'ont pas revu leurs règles
de fonctionnement, soit n'existent pas encore. Ce serait, pour l'Europe, céder
à la tentation de l'économisme que de ne pas se faire l'avocate
au plan international d'une réforme de la gouvernance mondiale qui aille
dans le sens d'une refonte, là où c'est nécessaire, des
institutions et des procédures de coopération pour les rendre
plus efficaces et plus démocratiques parce que plus transparentes et
plus ouvertes aux pays émergents et en développement.
5 - CONCLUSION
Nous demandons à nos responsables politiques respectifs
de faire preuve, à l'égard de la construction européenne,
d'un véritable esprit de Vérité. On ne progressera pas
en avançant masqués devant les citoyens. Il est préférable,
de ce point de vue, que les options institutionnelles ouvertes par la Conférence
intergouvernementale soient réellement ouvertes, et reflètent
l'enjeu de l'élargissement, quitte à prendre le risque d'un échec
et d'un conflit, plutôt qu'un accord débouchant sur des dispositions
à l'évidence insuffisantes.
Il faut avoir le courage d'exposer à nos opinions publiques
les raisons pour lesquelles l'Union européenne a besoin d'un véritable
exécutif qui ne fera nullement disparaître les gouvernements nationaux.
Un tel exécutif, responsable devant le Parlement européen, devrait
agir dans le strict esprit du principe de subsidiarité. Un prochain pas
dans la direction d'un exécutif européen renforcé pourrait
consister à étendre les mandats donnés à la Commission.
Nous espérons que, d'une telle épreuve de vérité
au sujet de l'ambition pour une Europe unie à l'échelle du continent,
pourra surgir à nouveau une initiative franco-allemande forte et intégratrice.
Dans le même esprit de vérité, nous appelons
à une Charte européenne qui soit vraiment l'expression de droits
fondamentaux, à la hauteur de l'exigence nouvelle de restauration de
la cohésion sociale dans nos pays.
Mais nous sommes aussi conscients que l'émergence de
cette conscience européenne n'est pas du seul ressort des décideurs
politiques. Elle est nôtre. C'est pourquoi nous lançons un appel
à tous les mouvements qui partagent les valeurs et les objectifs de ce
manifeste pour qu'ensemble nous agissions pour la faire nôtre. C'est pourquoi
nous en appelons aussi aux hommes et aux femmes membres de nos associations,
afin que par leurs comportements et leurs initiatives locales, même les
plus modestes, ils reflètent la richesse de conscience européenne
à travers le souci d'ouverture à l'autre, aussi différent
soit-il, et la volonté d'engagement au service d'un Bien commun où
les plus démunis trouvent toute leur place.
"L'Europe se cherche; elle sait qu'elle a en ses mains
son propre avenir. Jamais elle n'a été aussi près du but.
Dieu fasse qu'elle ne laisse pas passer l'heure de son destin, l'ultime chance
de son salut". (R.Schuman)
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