Session 1999
Sondage SSF/ISL/La Croix/La Vie
Principaux résultats, analysés par Robert ROCHEFORT

1 - D'une façon générale, êtes-vous très optimiste, plutôt optimiste, plutôt pessimiste ou très pessimiste à l'égard de l'évolution de la société dans les vingt ans à venir ?

très optimiste 4,4 %
plutôt optimiste 41,1 %
plutôt pessimiste 39,7 %
très pessimiste 10,3 %
ne sait pas 4,5 %

Au total, les pessimistes l'emportent légèrement sur les optimistes (50 % contre 46 %). Les jeunes de moins de 35 ans se déclarent beaucoup plus optimistes que la moyenne (53 %). C'est le cas également des titulaires de diplômes universitaires (60 %). Notons que les catholiques pratiquants réguliers sont sensiblement plus optimistes (49 %), ainsi que les musulmans (54 %).

 

2 - Vous personnellement, pensez-vous que le respect de la personne humaine sera en danger dans la société à venir ?

oui
non
ne sait pas
75,1 %
20,3 %
4,7 %

Tous les groupes répondent très majoritairement " oui ". C'est entre 35 et 65 ans que les taux sont les plus élevés, ainsi que chez les artisans-commerçants et les titulaires de diplômes inférieurs au bac. Les catholiques pratiquants réguliers se distinguent par un taux de réponses positives inférieur à la moyenne (70 %).

 

2b - Et pensez-vous que le respect de la personne humaine sera en danger dans la société à venir principalement du fait :

de l'évolution de l'économie 36,4 %
du progrès scientifique 18,6 %
des régimes politiques 32,7 %
rien de tout cela 6,5 %
ne sait pas 5,8 %

Les cadres, les personnes diplômées et plus généralement les actifs répondent plus fréquemment : " l'évolution de l'économie ". Les plus âgés et les catholiques pratiquants accordent davantage d'importance aux risques liés au " progrès scientifique ". Ce sont les jeunes qui redoutent le plus " les régimes politiques ".

 

3 - Pensez-vous que les églises chrétiennes puissent jouer un rôle dans l'avenir pour le respect de la personne humaine ?

oui
non
ne sait pas
34,4 %
56,2 %
9,4 %

Les réponses diffèrent considérablement en fonction de l'âge. Jusqu'à 35 ans, il y a 68 % de " non ". Chez les 35-49 ans, le taux est de 62 %. Il diminue ensuite à 47 % chez les 50-64 ans et à 38 % au-delà de 65 ans. Cette dernière classe d'âge est la seule dans laquelle les réponses positives sont majoritaires (52 %).

L'effet de diplôme est également très fort. Aux deux extrémités de l'échelle (seulement titulaires d'un certificat d'études primaires ou au contraire d'un 2e ou 3e cycle universitaire), les taux de réponses " oui " sont nettement supérieurs à la moyenne (respectivement 42 % et 41 %).

Bien entendu, les catholiques pratiquants réguliers plébiscitent le " oui " (85 %). Mais ce taux chute à 32 % chez les pratiquants occasionnels et à 27 % chez les non pratiquants. Il est de 47 % chez les protestants et de 33 % chez les musulmans. Seuls 10 % des personnes " sans religion " répondent par le " oui ".

 

4 - Connaissez-vous les principales valeurs de l'Evangile auxquelles se réfèrent les chrétiens ? Diriez-vous…

oui, très bien 10,2 %
oui, assez bien 30,1 %
non, pas très bien 27,8 %
non, pas du tout 31,9 %

Nous avons déjà indiqué à quel point l'âge (ou plutôt en l'occurrence la génération) était un critère de variation des réponses : de 5 % pour les plus jeunes qui répondent " oui, très bien " à 20 % pour les plus âgés. Bien entendu, le total " oui, très bien + oui, assez bien " évolue de la même façon : de 22 % chez les 18-24 ans à 51 % chez les plus de 65 ans. Là encore, l'effet de diplôme est aussi très élevé : 21 % de titulaires d'un diplôme universitaire de 2e ou 3e cycle ou d'un diplôme de grandes écoles déclarent connaître " très bien " les principales valeurs de l'Evangile et 42 % " assez bien ". Notons que seulement 42 % des catholiques pratiquants réguliers répondent " oui, très bien ". Il est vrai que 49 % supplémentaires répondent " oui, assez bien ", ce qui fait un total pour le " oui " qui atteint 91 %.

 

5 - Pensez-vous que les valeurs prônées par l'Evangile sont toujours d'actualité ?

  oui non ne sait pas
dans la vie familiale 39,4 % 49,2 % 11,4 %
dans l'action sociale 32,8 % 52,8 % 14,3 %
dans la vie des entreprises 10,3 % 75,1 % 14,6 %
dans les rapports entre les peuples 30,0 % 56,1 % 13,9 %

La hiérarchie des réponses positives n'allait pas de soi a priori, ni les ampleurs d'écarts de réponses. Malgré les critiques à l'égard d'une intervention de l'Eglise dans la morale privée, c'est tout de même " la vie familiale " qui arrive en tête. Signalons toutefois que dans la question posée, c'est " l'Evangile " qui était introduit dans la formulation. Contrairement à beaucoup d'autres questions, la variation des réponses en fonction de l'âge est relativement minime (de 34,9 % de " oui " chez les 18-24 ans à 48,3 % de " oui " chez les plus de 65 ans en ce qui concerne la vie familiale).

En ce qui concerne " l'actualité des valeurs de l'Evangile dans l'action sociale ", la proportion de " oui " ne l'emporte que chez les catholiques pratiquants et chez les protestants. Pour ce qui est des " rapports entre les peuples ", seuls les catholiques pratiquants réguliers privilégient le " oui " au " non ". Les valeurs prônées par l'Evangile dans la vie des entreprises n'apparaissent d'actualité dans aucun sous-groupe.

 

6 - Parmi les trois valeurs suivantes, quelle est celle qui vous paraît le plus fortement associée au christianisme ?

la tolérance entre les hommes 54,2 %
le partage des richesses 10,9 %
le refus de l'exclusion 16,1 %
aucune des trois 10,7 %
ne sait pas 8,1 %

Ce qui est ici le plus important est certainement le fait que plus de 80 % des sondés considèrent qu'au moins l'une de ces trois valeurs peut être associée au christianisme. L'importance accordée à la tolérance qui, nous l'avons dit, est encore accrue chez les catholiques pratiquants, peut être interprétée comme l'un des signes d'une société hyper individualiste. Qu'est-ce que la tolérance, si elle ne va pas de pair avec une certaine autorité ? Certainement le risque d'une démission.

 

7 - Concernant les valeurs que je viens de vous énoncer, avec laquelle de ces trois idées êtes-vous le plus d'accord ?

on a besoin des chrétiens pour exprimer ces valeurs 24,8 %
ces valeurs sont maintenant répandues dans toute la société 25,0 %
les chrétiens sont mal placés pour exprimer ces valeurs 29,6 %
ne sait pas 18,2 %
refus 2,4 %

Cette question est celle qui rend le mieux compte de notre interrogation de départ en trois interrogations majeures. Le christianisme, pourvoyeur d'humanisme et d'esprit de solidarité aurait-il accompli son rôle historique ? Les chrétiens seraient-ils les moins bien placés pour continuer à les exprimer ?

Plus d'un Français sur deux est d'accord avec l'une ou l'autre de ces affirmations. Le petit quart de ceux qui considèrent qu'il y a encore un " besoin " des chrétiens pour exprimer ces valeurs correspond à peu près à la " part de marché " de ceux qui sont déjà des pratiquants (réguliers ou occasionnels).

 

8 - Considérez-vous que l'action du Pape Jean-Paul II à l'égard des grandes questions qui se posent dans le monde actuel est :

très positive 5,8 %
plutôt positive 37,6 %
plutôt négative 27,5 %
très négative 13,0 %
ne sait pas 16,1 %

On demandait ici d'apprécier l'action sur l'ensemble des questions qui se posent dans le monde actuel. Lorsqu'ils sont exprimés, les avis sont donc plus souvent positifs que négatifs. Notons toutefois que 5,8 % des personnes qui choisissent le " très positif " sont bien moins nombreuses que les 13 % de celles qui optent pour le " très négatif ". Il n'y a d'ailleurs que 24,1 % de catholiques pratiquants réguliers qui apprécient cette action comme " très positive ". L'avis varie considérablement avec l'âge : 1,2 % de " très positifs " de 18 à 24 ans, contre 11 % après 65 ans.

 

9 - Quelle est votre religion ?

catholique pratiquant régulier 8,0 %
catholique pratiquant occasionnel 21,9 %
catholique non pratiquant 39,6 %
musulmane 4,3 %
juive 0,7 %
protestante 1,8 %
autre 1,3 %
sans religion 21,0 %
refus 1,4 %

 

Effectif : 2004 personnes adultes, méthode des quotas, interrogées du 14 au 29 septembre 1999.