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Actualités 
Pris dans le vif de la session, découvrez les réactions des semainiers recueillis par quelques jeunes volontaires improvisés journalistes le temps de la session et par ailleurs militants de la JIC (Jeunesse indépendante chrétienne).
"Quelles conférences vous ont plu ? Pourquoi ? Quelle phrase retiendrez-vous en sortant de la session ? Pourquoi ? " Lisez les réactions et découvrez la richesse des réflexions des participants.
La conférence « Agir et penser ensemble » m’a marqué. Ce qui m’a bouleversé c’est la présence des personnes dites « ressource » dans la salle. 200 personnes qui se sont levées en même temps dans la salle, c’était impressionnant ! Ces personnes ne voulaient pas qu’on parle d’eux comme des personnes « témoins » qu’on fait parler uniquement depuis leur précarité mais des « personnes ressources », c’est-à-dire des personnes qui construisent une réflexion.
Je retiens la phrase de Denys Cordonnier : « Souvent j’ai tendance à finir les phrases des personnes que j’écoute. Déjà je suis dans la projection de ce dont la personne a besoin ». J’ai compris que moi-même souvent, face à quelqu’un en difficulté, j’anticipe ou je projette ce qu’il va dire. Quand on veut aider une personne il faut respecter sa culture, lui laisser finir ses phrases, pour éviter de projeter quelque chose sur lui, des besoins qu’il n’a pas exprimés.
J’ai le sentiment que les pauvres n’ont pas assez de place dans l’organisation de la session des SSF. Pourrait-on renverser la situation ? Imaginer un colloque organisé par les personnes en situation de précarité ? Les personnalités qui interviennent aujourd’hui aux SSF accepteraient-ils d’y intervenir ?
J’ai aimé les interventions de Geoffroy Roux de Bezieux et de Pascale Coton. Cela a cassé un certain nombre de préjugés syndicalistes. On n’est pas dans la caricature du patron et du syndicaliste qui ne sont pas fait pour s’entendre, comme tout ce qu’on entend à la TV. Le débat était vraiment intéressant.
Militante à la JIC
J’ai aimé l’intervention « Le travail, moteur de la solidarité » car tout ce qu’on entend à l’heure actuelle, c’est "les patrons sont là pour licencier". G Roux de Bézieux a montré un autre visage du patron. Il est d’abord un entrepreneur. Il entreprend. L’initiative vient de lui. Ce ne sont pas les actionnaires qui lui disent : il faut faire ceci ou cela.
Pascale Coton et lui ont bien dit qu’ils ne sont pas là pour se faire la guerre. On sort des stéréotypes.
Une parole positive de Geoffroy Roux de Bézieux, patron d’entreprise, m'a
touché. Par delà l’insistance des médias sur le rôle des grandes banques dans la crise des subprimes, il a noté le rôle de tous les intermédiaires qui ont permis les crédits à risques. Il a invité chacun à son niveau, à prendre ses responsabilités. Nous pouvons tous faire quelque chose pour que ce monde soit plus fraternel.
Une parole retenue au sujet de l’économie solidaire m'a permis de m'ouvrir à une autre façon d’envisager notre rôle de consommateur : « L’économie solidaire s’intéresse plus au lien créé qu’au bien produit ». Derrière le bien acheté, il y a une personne, le producteur. Un lien est créé, nos gestes d’achats sont « humanisés ».
L’intervention de Pierre Rosanvallon « Le filtre de l’histoire » permettait d’avoir un regard historique. Il m'a permis de comprendre d’où vient la solidarité dans l’histoire et donc de prendre du recul par rapport à nos actions de solidarités.
La conférence à plusieurs voix « Agir et penser ensemble » est ma préférée. Elle m’a permis de changer ma manière de voir les personnes en situation de précarité. Avant je n’allais pas jusqu’au bout parce que la situation de ces gens m’était intolérable. Je me suis rendue compte qu’on pouvait dépasser cette appréhension.
C’est la première fois qu’on entend parler ceux qui vivent des situations de pauvreté. Et en plus ils disent des choses intéressantes !
Le plus difficile aujourd’hui, ce n’est pas la solidarité, c’est la fraternité.
Ce que j’ai préféré : la conférence « Face à la rupture des générations ». Elle m’a permis de faire des liens entre le terrain et des idées plus générales sur la société. Le débat d’idées rejoint l’expérience. Les conférenciers ont parlé de la solitude de certains jeunes et de certaines personnes agées. Il y a des ruptures relationnelles au sein même de chaque génération.
J’ai gardé en mémoire une phrase de Fra
nçois Soulage dans laquelle il a mis en avant l’envie personnelle de s'investir plutôt que les compétences.
« Parfois, ce n’est pas le service qui apporte une solution mais une personne qui s’investit en son propre nom. »