78e semaine sociale / 14-16 novembre 2003
Le programme

Lire aussi l'introduction de Michel Camdessus :
L'argent et nous


Journée du vendredi
Journée du samedi
Journée du dimanche


Vendredi 14 novembre
Accueil des participants
Ouverture et présentation de la session
par Michel Camdessus, président des Semaines Sociales de France
Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), vice-président des Semaines Sociales de France L'argent et moi, l'argent et nous
par Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), vice-président des Semaines Sociales de France

L’argent n’est pas une abstraction. Omniprésent dans le langage, dans les images, dans l’actualité, dans la vie quotidienne, c’est une réalité concrète incontournable. Une consultation menée auprès du public habituel des Semaines Sociales et une enquête réalisée auprès du grand public par un cabinet spécialisé, font apparaître que notre relation à l’argent n’est pas simple. Quelle relation, individuelle et collective, entretenons-nous donc avec l’argent ? Quels symboles suscite-t-il ou véhicule t-il ? Quels comportements, quelles conceptions, quelles représentations, quelles questions apparaissent dans notre rapport à l’argent ?

Débat
Pause
Jean Boissonnat, journaliste, ancien membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France, ancien président des Semaines Sociales de France L’argent, pour quoi faire ?
par Jean Boissonnat, journaliste, ancien membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France, ancien président des Semaines Sociales de France

Nous croyons tout savoir de lui parce qu’il fait partie intégrante de notre quotidien. Il convient pourtant de redécouvrir à quoi sert l’argent dans nos vies personnelles et dans la vie en société. Qu’il s’agisse de l’objet qu’est la monnaie ou du système monétaire, aucune société, aucun individu ne peut vivre totalement sans argent. Il conditionne notre rapport à l’espace et au temps. Comme unité de compte, l’argent permet des comparaisons. Comme réserve de valeurs, il conditionne les rapports entre le présent et l’avenir. Comme intermédiaire dans les échanges, il donne du pouvoir et reflète la confiance qui est mise en lui. Au-delà des frontières, le système général des paiements courants, animé et cadré par de multiples organisations (banques centrales, organisations internationales), a pris, depuis deux décennies, une importance grandissante dans un univers qui se globalise toujours plus.

Débat
Déjeuner
Paul H. Dembinski, directeur de l’Observatoire de la finance (Genève), professeur à l’université de Fribourg Ce qui a changé depuis vingt ans : la finance
par Paul H. Dembinski, directeur de l’Observatoire de la finance (Genève), professeur à l’université de Fribourg

Que s’est-il passé au cours des années 1980 ? Pourquoi la finance a-telle pris une place aussi importante au cœur du système économique et monétaire ? A côté et en marge des valeurs boursières, le marché des produits financiers s’est développé de façon autonome. Les analystes financiers, les gestionnaires de fonds de pension exercent une influence sans précédent dans l’histoire récente. A tel point que l’on a parfois l’impression que la Bourse et la rentabilité à court terme ont pris le pas sur la vie économique, sans se soucier des répercussions que cela peut avoir sur la vie de chacun. Est-ce réellement le cas ? Cette évolution est-elle également lisible dans les politiques menées par le FMI et la Banque Mondiale ?

Débat
Pause
Verre de l'amitié
Samedi 15 novembre
Patrick Viveret, philosophe, auteur du rapport “Reconsidérer la richesse“ (Secrétariat d’Etat à l’économie solidaire) La violence de l’argent
par Patrick Viveret, philosophe, auteur du rapport “Reconsidérer la richesse“ (Secrétariat d’Etat à l’économie solidaire)

L’argent est au cœur de nombreux conflits : dans les familles, dans le monde professionnel, dans les groupes et les catégories sociales, dans les relations internationales. La violence de l’argent est chose connue. Mais quelles en sont les formes contemporaines ? Hier, ce qui avait de la valeur n’avait pas de prix ; aujourd’hui, ne dit-on pas que ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur ? Assistons-nous aujourd’hui à l’émergence de nouveaux types de domination, les inégalités de pouvoir engendrées par l’argent apparaissant plus violentes encore que les inégalités de revenu ? L’argent tend à devenir une valeur de substitution. Sommes-nous en face d’une marchandisation croissante de toutes les activités humaines ? Est-ce compatible avec le respect de la personne humaine ?

Débat
Pause
Pierre Debergé, doyen de la faculté de théologie de l’Institut catholique de Toulouse La Bible, l’enseignement chrétien et l’argent
par Pierre Debergé, doyen de la faculté de théologie de l’Institut catholique de Toulouse

Dans la Bible, l’argent est tantôt à la source de toutes les corruptions, tantôt bénédiction du Ciel. Ce paradoxe qui ne laisse pas d’intriguer reste vivace dans l’Eglise. Après deux millénaires, beaucoup estiment même que son enseignement reste principalement marqué par une méfiance de principe par rapport à l’argent (le prêt à intérêt a été longtemps condamné par l’Eglise). Comment se l’expliquer ?
Si l’argent éloigne de Dieu et des hommes dans le Nouveau Testament, il est aussi le tribut qui doit être rendu à César et qui permet d’établir des relations a vec les autres... Peut-on dépasser ces lectures contradictoires ? Dans le prolongement de l’oeuvre de Léon XIII et de l’enseignement social de l’Eglise, quel message cohérent cette dernière transmet-elle aujourd’hui ? De nouvelles voies sont-elles à inventer ?

Débat
Déjeuner
Henri de Castries, président du directoire du Groupe AXA L’argent et l’entreprise : entre emplois, investissement et profit
par Henri de Castries, président du directoire du Groupe AXA

L’argent est un instrument essentiel de la vie économique. Le chef d’entreprise a pour mission de travailler pour ses actionnaires, pour ses clients et pour ses salariés, et de veiller à la bonne santé de son entreprise. Mais l’actualité nous donne bien souvent l’impression que l’économique ou le financier l’emporte sur l’homme. Tiraillé entre plusieurs objectifs contradictoires, comment le chef d’entreprise arbitre-t-il ?
L’argent peut-il rester un outil de création de richesses et de développement, sans devenir la finalité de l’entreprise ? Quelle place la fonction financière doitelle occuper ? Quel partage des profits entre salaires et emplois, investissement et rémunération des actionnaires ?

Débat
Pause
Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’économie et des finances, député du Val d’OisePhilippe Maystadt, ancien ministre des finances de Belgique, président de la Banque européenne d’investissement (BEI) L’argent et la politique : qui commande ?
par Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’économie et des finances, député du Val d’Oise,
et Philippe Maystadt, ancien ministre des finances de Belgique, président de la Banque européenne d’investissement (BEI)

Le pouvoir politique est appelé à s’engager sur des projets de long terme. Par exemple, quand il prétend réaliser davantage de justice. Mais le rythme des marchés financiers et les contraintes économiques imposent souvent une perspective à très court terme. A tous les échelons, local, national et international apparaît la crainte que l’argent ne domine la politique. Sans doute peut-on même avancer que c’est là l’une des explications majeures du discrédit de la politique dans l’opinion publique. Une telle crainte est-elle fondée ?
Dans ce contexte de rapport de forces, que peuvent faire les politiques ? En particulier, l’utilisation et la répartition du bien public peuvent-elles encore viser à la réduction des inégalités et à la défense de la solidarité nationale et mondiale ?

Débat
Verre de l'amitié
Dimanche 16 novembre
Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, président de la Commission sociale des évêques de France Célébration eucharistique
présidée par Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, président de la Commission sociale des évêques de France
Cette célébration est organisée en partenariat avec la revue “Prier“ (groupe des Publications de la Vie Catholique), avec la participation de Claire Balanant, chef de chœur, déléguée à la musique et aux chants pour le diocèse de Nanterre.
Pause
Nicole Notat, présidente de la société Vigeo (agence de notation sociale et environnementale des entreprises)Maria Nowak, présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) Peut-on concilier innovation financière et innovation sociale ?
avec Nicole Notat, présidente de la société Vigeo (agence de notation sociale et environnementale des entreprises),
et Maria Nowak, présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE)

Innover, c’est dépasser les habitudes et les inerties du système pour montrer que les techniques peuvent être utilisées autrement, c’est ouvrir le champ de l’expérience à l’utopie. Des initiatives montrent que la finance peut se mettre au service d’un bien social. L’économie et la banque solidaire, les placements éthiques, l’investissement socialement responsable et la cotation sociale des entreprises : autant d’outils innovants dont le fonctionnement mérite d’être décrit . Contribuent-ils à une possible réconciliation entre innovation financière et innovation sociale ?

Débat
Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Changer le système financier international
par Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI)

Tel qu’il a été défini après la seconde guerre mondiale et amendé dans les années 70, le système monétaire international est, pour beaucoup, indéchiffrable et, en tout cas, insuf fisant. Les marchés financiers donnent l’impression de se développer sans contrôle. Pour beaucoup, cette insuffisance de règles et codes de bonne conduite acceptés par tous est à l’origine de l’émergence d’un capitalisme “déboussolé“. Une réforme d’ampleur est donc attendue, pour que la mondialisation des marchés puisse servir la justice et la solidarité. Comment évaluer les propositions souvent faites, sur la taxe Tobin, les paradis bancaires et fiscaux, la “gouvernance mondiale“, le financement du développement, etc. Comment une réforme allierait-elle les nécessaires éléments de technique financière avec les exigences de la justice ? Quels seraient ses soutiens, parmi les Etats et les organisations internationales ?

Débat
Déjeuner
Etienne Perrot s.j., économiste (Genève), professeur d’éthique économique à l’Institut catholique de Paris Exercer nos responsabilités personnelles
avec Etienne Perrot s.j., économiste (Genève), professeur d’éthique économique à l’Institut catholique de Paris

Tenir un discours moral sur l’argent : tâche impossible, diront certains ! Et pourtant... Rien ne changera si nous ne changeons pas nous-mêmes aussi. En dépit des incertitudes et des contraintes qui pèsent sur chacun, la plupart d’entre nous conservons des marges de choix, plus ou moins grandes, face à l’argent : comme consommateur, comme épargnant, comme salarié, cadre ou responsable d’entreprise ou d’administration. Quels critères de discernement suggérer ? La solidarité et le combat contre la misère s’imposent à chacun, mais la pauvreté peut-elle être un choix de vie pour tous ? Comment manifester dans notre vie personnelle que l’argent est serviteur et non pas maître ?

Débat
Conclusions de la session
par Michel Camdessus, président des Semaines Sociales de France
Fin de la session

[retour au sommaire]

[S'inscrire à la session]

[Retour à l'accueil de la session]

 

Tous droits reservésLes Semaines Sociales de France
Creative Commons License Powered by all-in-web Crédits Conception/Réalisation : ABNetServices