78ème Semaine Sociale
"L'argent"
14, 15 et 16 novembre 2003
à la Maison de la Mutualité à Paris

L’argent et moi

(contribution d’un membre de la Commission Jeunes des Semaines Sociales)

 

Le juste salaire est une vraie question pour moi: j'ai 25 ans, mais mon statut d'ingénieur m'apporte chaque mois un gros salaire. Ce salaire est-il juste ?
Qu'il soit justifié ou non, cela a peu d'importance (on arrive toujours à justifier son salaire). Plus importantes sont les questions:

  • Est-il juste que je gagne autant d'argent quand tant d'autres en manquent ?
  • Est-il juste que je travaille autant quand tant d'autres ne trouvent pas de travail ?

Cette question prend un relief particulier avec les trains d'augmentation: dois-je accepter l'augmentation qui m'est proposée ?
J'avoue que j'éprouve d'énormes difficultés à répondre à cette question pourtant essentielle, car il me manque un système de valeur pour définir ce qui est juste: entre le système de valeur où le salaire est la juste compensation du travail et le système de valeur où le salaire n'est juste qu'en regard des besoins, je ne trouve pas mes marques. En l'absence de repères, comment refuser mon augmentation ?
Si j'accepte (ce qui est toujours le cas), quelle utilisation faire de ce surplus d'argent ?

Si je ne sais pas répondre à la question du juste salaire, je ne peux éviter la question de la juste utilisation de mon revenu. Cette question se décline d'abord comme consommateur. Ma responsabilité de consommateur s'exerce principalement dans les petits achats quotidiens autour des interrogations suivantes:

  • Où vais-je faire mes courses (petit commerce, grande surface) ?
  • Suis-je prêt à payer plus un produit à priori davantage "étique" (au niveau social, écologique...)

Pour les loisirs (restos, week-ends, vacances d'été), je n'ai aucun critère de discernement.

Avec l'argent qui me reste sur ma paye, je dois faire l'arbitrage entre la solidarité et l'épargne.
Où se situe le juste partage des richesses ? Difficile de choisir, alors je me fixe un objectif arbitraire: m'approcher du don de 10 % du revenu imposable.
Pour espérer un jour devenir propriétaire de mon logement, j'ai ouvert un plan épargne logement. J'essaie d'y mettre un minimum d'argent, alors des fois, il y a conflit entre la solidarité immédiate et la "préparation du futur". Là non plus, je n'ai pas beaucoup de critères de discernement.

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