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1. Les Européens savent que la paix n'est pas
l'état naturel de l'homme. Elle est fruit du travail de notre esprit,
donc de la conversion, de la sagesse et de l'humilité. C'est le
terrau pour l'enracinement de la volonté politique pour la paix.
2.
Les Européens sont conscients que le travail efficace pour la
paix s'exerce dans combat contre les sources profondes de la violence
et notamment contre les inégalités extrèmes, la
misère
et d'autres discriminations qui les accompagnent. Les Européens
devraient soutenir la proposition de créer une taxe sur le commerce
d'armes et la destiner au financement du développement.
3. Les
identités européens sont riches. Nous reconnaissons l'importance
de la mémoire dans la sauvegarde de la paix. La paix exige une
communication des mémoires, une vraie volonté de les connaître
et de les comprendre mutuellement. Nous devons accueillir
dans nos droits et nos politiques la mémoire et l'histoire des
nouveaux membres de l'Union Européene.
4. L'Europe dans son action
politique doit ouvrir l'espace à la société civile.
L'Europe devrait articuler son action diplomatique et militaire
avec la capacité de
l'écoute et du dialogue dont fait preuve la societé civile,
grâce a sa disponibilité du temps et son pouvoir d'écouter
les sources du conflit.
5. L'Europe doit toujours soutenir
les procédures
de l'Etat de droit comme moyen essentiel de lutter contre
la «privatisation
de la violence», aussi en forme du terrorisme. L'Europe doit donc
soutenir les tribunaux internationaux, qui, en condamnant
les coupables, ouvrent la voie à la réconciliation entre
les peuples.
6. Les ressources et prérogatives qui sont donnés
aux forces de l'ONU, le cadre d'action et les moyens mises
a leur service pour la prévention des conflits doivent être
renforcés
et claires.
7. Les Etats de l'Union Européenne devraient s'accorder
sur la répresentation unique de l'Union dans le Conseil de Sécurité de
l'ONU.
8. Face à l'omniprésente médiatisation
de la violence les parents et éducateurs, dans la responsibilité de
leurs enfants et élèves, doivent former leur liberté -
face aux médias - en créant en eux une culture de la paix.
En
guise de conclusion, deux réflexions qui nous étaient
proposées par Jean Vanier : il n'y a pas de paix véritable
si nous ne sommes pas profondément convaincus de la dignité inaliénable
de chaque personne humaine, et plus encore, de son droit
de vivre dignement. Jean Vanier nous adresse une interpellation
forte: il n'y a pas de paix sans sacrifices. Qu'est-ce que,
donc, chacun d'entre nous est prêt à sacrifier
dans sa vie quotidienne, pour que la paix se fasse?
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