|
Une conviction forte ressort des apports, des réflexions et des échanges
du forum. - La démocratie ne peut exister et se développer sans
la participation. - Certes la démocratie est en crise. Les citoyens se
sentent mal représentés, beaucoup d'élus se comportent en
propriétaires de leurs charge et du bien public. - Les formes actuelles
de la démocratie sont absolutisées. Mais l'Europe qui est devant
nous, nous offre de nouveaux champs, et une nouvelle chance pour une vraie démocratie
participative. Cet espoir et cette volonté requiert des conditions qui
sont déjà action. Dans la vie collective, il convient de développer
l'information, mais une information qui soit lisible par les citoyens, et par
tous les citoyens. Une information qui ouvre réellement et en vérité les
dossiers collectifs. Il convient par ailleurs d'engager ou de poursuivre un large
effort de formation. A l'école, formation à la citoyenneté,
apprentissage de la discussion et du débat. Mais aussi dans la société,
formation des acteurs de la vie sociale : élus, agents des associations,
animateurs naturels. L'objectif étant de permettre l'acquisition et le
déploiement d'une vraie intelligence collective partagée. La clarification
des lieux de décision dans chaque pays, et dans l'Europe apparaît
comme une condition absolue d'une vie démocratique. Clarification qui
doit être assortie du renforcement des lieux et temps de contrôle.
On ne peut plus se contenter de la seule sanction du vote, pour juger d'une politique.
Enfin ce forum a constaté, à travers des expériences vécues
en Europe, combien le choix du débat public, large et informé, était
désormais une condition essentielle pour la démocratie, locale,
nationale et européenne. Si la technique du référendum,
en particulier d'initiative populaire suscite des réserves, l'organisation
de débats sur tous les sujets de société apparaît
comme une voie nouvelle, riche de promesses à condition que les décisions
suivent et soient contrôlées. Des initiatives nouvelles ou renouvelées
sont à engager qui passent par une action continue afin que : - se mette
en place une pédagogie des institutions, particulièrement des nouvelles
institutions communes. - soit reconnu le caractère indispensable des médiations
et le rôle des corps intermédiaires. - se développent des
associations permettant aux exclus de prendre part à la vie commune ;
des associations et des groupes dans la société civile qui par
leur compétence, leur proximité du terrain, leurs constituants
puissent être des contre pouvoirs réels. Cela exige d'imaginer,
et de faire vivre des lieux nouveaux de partage de nos différences, des
lieux qui en Europe nous permettent ainsi de nous réapproprier notre histoire
et de la connaître. Cela exige de nouvelles initiatives transversales européennes
: fédérations européennes pour les associations, réseaux
nourris autour de sujets, d'expérience, afin de renforcer l'interdépendance,
de multiplier contacts, échanges, confrontations. Des conditions, des
initiatives, l'ouverture enfin à de nouvelles dimensions. Ouverture nécessaire
pour tous, mais plus particulièrement pour le monde syndical et associatif
, avec une double préoccupation : permettre aux jeunes de s'approprier
cette démarche et de l'étendre. Ce sont eux les européens
de demain. Ouverture à de nouvelles responsabilités dans le domaine
de l'environnement, de l'éducation permanente, de la culture et de la
créativité, de la tendresse et de la solidarité. Cela par
le souci de l'intériorité et de la spiritualité, par la
pratique de la charité. Cela pour nous conduire en Europe, à de
nouvelles façons d'être et de vivre ensemble car nous demeurons
conscients que la démocratie, si elle est précieuse, n'est pas
un aboutissement, mais un avenir.
|