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79ème Semaine Sociale
L'Europe, une société à inventer
23 - 26 septembre 2004
Lille Grand Palais
La Vie du 30/09/2004
Plaidoyers pour l’Europe
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Plus de 4.500 participants et héritiers du christianisme social étaient
réunis à Lille, le week-end dernier. Actualité politique
oblige, les Semaines sociales se sont muées en véritable forum
pour la défense de l’Europe. En creux de l’intervention de
Jacques Delors, il y avait, bien sûr, l’offensive fabiusienne du
non au traité constitutionnel : « Nous vivons une époque
de désenchantement démocratique et de crise du politique :
pourquoi attribuer à la seule construction européenne la culpabilité d’une
telle situation ? », a affirmé l’ancien président
de la Commission. « L’Europe n’est pas le cheval de Troie
de la mondialisation. Elle a permis, au contraire, d’en atténuer
les dégâts », a-t-il poursuivi dans un numéro
de duettistes chevronnés – maître et élève – avec
le premier ministre luxembourgeois et tout nouveau monsieur Euro, Jean-Claude
Juncker. Celui-ci a enfoncé le clou : « Il n’y a
pas un seul élément du traité qui soit en régression
par rapport aux textes précédents. C’est une constitution
qui n’est ni de droite ni de gauche, mais un texte tremplin permettant
tous les espoirs ».
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Au fil des débats, l’Europe s’est esquissée
comme un espace de paix et de sécurité, de développement
durable, de solidarité et de diversité culturelle. François
Martou, économiste, de l’université de Louvain, a estimé que « le
problème de l’Europe, c’est qu’elle se pense comme
une forteresse de vieux alors qu’elle devrait se poser en modèle
de développement et mener une vraie politique d’immigration ».
Jean-Baptiste de Foucauld, président de l’association Solidarités
nouvelles face au chômage et ancien commissaire au Plan, voit, quant à lui,
dans le développement durable le modèle pour l’Europe : « Le
texte de la Constitution est loin d’être décevant sur
ce point. Le débat qui fait rage actuellement me paraît excessif.
La vraie question est celle du budget : c’est un mensonge de
faire croire qu’avec un budget croupion qui représente 1%
du PIB, l’Europe puisse continuer à marcher. Il faudra bien
répondre aux besoins sociaux des nouveaux pays entrants. ».
Marie Chaudey
(paru dans La Vie n°3083 du
30/09/04)
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