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Pluie et vent sur Lille, ville capitale européenne de la culture
en 2004. Son grand palais de verre accueillait, hier soir, les premiers
débats des Semaines sociales, véritable université d’automne
des catholiques sociaux. Hommes politiques, économistes, sociologues,
responsables religieux, … vont débattre ici pendant quatre
jours de l’Europe à l’occasion du centenaire de l’association.
Les Semaines sociales ne sont pas nées de la dernière pluie.
Fondées au début du siècle dernier par un entrepreneur
lyonnais et un universitaire lillois, elles entendaient assumer l’héritage
d’une encyclique qui a fait date : celle du pape Léon
XIII en 1891 (Rerum Novarum, « Des choses nouvelles »),
centrée sur la question ouvrière et les dégâts
du capitalisme sauvage sur l’homme. Les catholiques sociaux apparaîtront
vite à l’avant-garde de l’Eglise pour poser les problèmes
de la justice sociale, mais aussi pour valoriser la rupture avec l’ordre
monarchique dont de nombreux catholiques cultivaient encore la nostalgie.
Cette dynamique née au sein de l’Eglise suscitera la grande
nébuleuse de l’Action catholique (JOC, JAC, …) mais
aussi m’engagement politique dans des partis se réclamant
précisément de la doctrine sociale de l’Eglise (MRP,
démocratie chrétienne, …) et qui marquera plusieurs
décennies la vie politique française. La sécularisation
progressive de la société est ensuite passée par là mais
la braise brûle encore sous les cendres.
Les Semaines sociales sont aujourd’hui, à leur manière,
la tour de garde de cette pensée sociale de l’Eglise « Nous
ne cherchons pas à rallier des électeurs, ou à être
populaires », explique Michel Camdessus, président et
ancien directeur du Fonds monétaire international. « Ce
que nous voulons, c’est mettre en circulation des idées que
la société peut s’appropriere. »
Les animateurs des Semaines sociales insistent donc sur la « force
de propositions » qu’elles constituent. « En
1987, par exemple, explique Michel Camdessus, nous avons lancé l’idée
du RMI. En 2000, nous avons proposé l’idée d’un
statut du travailleur pour mieux organiser le temps d’activité et
de formation, et mieux gérer les transitions entre deux emplois.
Cette année, nous allons présenter des propositions pour renforcer
la cohésion de la société européenne. »
Pierre Tanguy
(paru dans Ouest-France du 24/09/04)
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