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Symposium de Cracovie (7-9 mars 2003)
Surmonter la crise, réussir l’élargissement de l’Union Européenne
Déclaration finale
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- L'élargissement de l'Union Européenne,
que nous vivons, après la chute du Mur, comme un acte historique
de réconciliation et de réunification des peuples d'Europe,
constitue une tâche aussi importante et aussi difficile que la
fondation et la mise en route du processus d'unification il y a cinquante
ans.
- Le double processus d'approfondissement politique et
d'élargissement géographique doit être conduit à
son terme avec succès. Le rêve des pères-fondateurs,
qui était l'union de l'Europe dans la paix et la liberté,
peut maintenant devenir réalité.
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- L'élargissement doit renforcer l'union des peuples
et des Etats, de telle sorte que l'Europe puisse assumer des tâches
plus importantes. C'est pour cette raison que nous prenons position en faveur
d'une Constitution démocratique s'inscrivant dans une perspective fédérale.
Le renforcement de l'unité politique de l'Union est une condition essentielle
de la réussite de l'élargissement géographique. Celui-ci
doit servir l'intérêt général européen et
s'inspirer des méthodes qui ont permis la réussite de la construction
européenne depuis ses origines.
- Chrétiens engagés dans la vie publique, et
futurs citoyens d'une Union Européenne renouvelée et élargie
aux pays d'Europe centrale et orientale, nous plaidons pour une Constitution
fondée sur des valeurs, et nous souhaitons que ces valeurs engagent
tous les Européens. Cette Constitution doit permettre à ces
derniers d'exprimer leur accord sur des fondements moraux et sur l'identité
de l’ensemble supra-national auquel ils appartiennent.
- Nous insistons fortement pour que le Préambule de la Constitution
reconnaisse les héritages religieux et culturels, qui ont fortement
contribué à structurer, dans toutes ses dimensions, cette identité
que les Européens partagent.
- L'unification de l'Europe est un projet d'ordre éthique.
Il s'agit de pardon et de réconciliation, de paix et de liberté,
de droit et de justice, de solidarité des plus riches avec les plus
pauvres et des plus forts avec les plus faibles, tant au sein de l'Union que
vis-à-vis du monde. Les Européens doivent être responsables
du respect et de la promotion de ces valeurs, devant leur conscience, devant
les hommes et, pour ceux d'entre eux dont telle est la foi, devant Dieu. Nous
voulons que cela figure dans la Constitution. Mais une telle proposition ne
doit exclure personne et ne doit en aucun cas permettre que Dieu puisse être
récupéré à des fins politiques. La Constitution
de la République de Pologne offre dans ce contexte une formulation
qui a tout son sens.
- Nous constatons que la Convention européenne s'efforce
sérieusement et activement de parvenir à un consensus qui dépasse
sensiblement le statu quo et les intérêts immédiats des
gouvernements ; elle prend en compte des demandes essentielles qui ont été
présentées par les Eglises, y compris par des organisations
de laïcs chrétiens. Nous soutenons tout particulièrement
l'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux
dans la Constitution, afin qu'elle devienne un engagement de droit. La Constitution
doit également déclarer qu'elle est fondée sur le respect
de la dignité humaine, indivisible et inviolable, et qu'elle compte
parmi ses objectifs premiers le respect de la vie, la promotion du mariage
ainsi que celle de la famille, considérée comme la cellule de
base de la société.
- Nous sommes attachés à l'autonomie des organisations
de la société civile et à leur rôle dans le bon
fonctionnement de la société en général. Dans
le même esprit, nous réclamons avec force une garantie institutionnelle
des droits des Eglises et des communautés religieuses, tels qu'ils
existent dans les Etats-membres, de telle sorte que ces droits ne puissent
être réduits ou remis en question par des politiques ou des prises
de décision de l'Union.
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Le spectacle de division que vient de donner une fois de plus
la diplomatie européenne face à la crise internationale nous invite
à une réflexion commune, sans complexes ni illusions. Il s'agit
d'une crise. Nous ne devons pas nous résigner à la désunion,
mais vivre ces moments comme une opportunité pour mieux comprendre, dans
le dialogue, le poids de nos histoires et le sens de nos différences.
Un tel dialogue et la pratique de la concertation sont indispensables pour toutes
les orientations majeures de notre politique extérieure. C'est à
partir de là que nous pourrons construire une unité d'action européenne
; dans un monde pluripolaire, celle-ci doit être fondée sur des
partenariats constructifs avec le reste du monde. Nous assumerons alors mieux
notre appartenance à l'Union, et pourrons la vivre comme la chance qui
nous est donnée d'infléchir ensemble le cours des relations internationales,
vers la justice, la solidarité et la paix.
Et c'est ainsi que nous réussirons aussi le passage de
la diplomatie à la démocratie comme principe politique majeur
dans l'Union. La Constitution, fondement juridique du « vivre ensemble
», est un passage obligé d'une Europe capable d'assurer le bien-être
de ses citoyens et de porter au monde le témoignage d'une société
solidaire. Aujourd'hui et demain, notre tâche de chrétiens est
de contribuer à transformer ce qui était une union d'Etats en
une communion des peuples et des citoyens d’Europe.
Cracovie, le 9 mars 2003
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