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Si l'on adhère à une association, c'est par altruisme, par désir d'aider les autres, mais c'est aussi pour se réaliser soi-même, car, dans le fond, l'un ne peut plus aller sans l'autre. Aimer son prochain comme soi-même suppose d'être capable de s'aimer soi-même ! Finie donc la caricature du militant associatif comme ouvrier du paradis s'occupant avec condescendance de ses uvres. Aujourd'hui, ce que l'on fait pour les autres, on le réalise d'abord avec les autres. Plus encore que de solidarité, c'est de l'apprentissage de la fraternité qu'il s'agit. Le monde
associatif est un contrepoids à une satisfaction des besoins reposant
trop exclusivement sur le registre de la consommation marchande. Etre actif
dans une association, c'est vivre une citoyenneté à la base ou
- puisque le mot est aujourd'hui à la mode - une citoyenneté de
proximité. Une fois écartées les associations illicites parce qu'elles sont des sociétés commerciales déguisées, il n'y a pas à établir une typologie trop sophistiquée du fait associatif. Qu'elles réunissent des passionnés d'un sport ou d'un loisir, ou qu'elles soient actives pour la réinsertion des plus démunis, toutes les associations, dans leur diversité, contribuent au lien social. Mais les
responsables associatifs doivent rester vigilants, car la démocratie
associative s'avère un exercice difficile à vivre au quotidien,
et rares sont les jeunes qui se sentent spontanément à l'aise
dans les instances où se prennent les décisions. Le risque existe
qu'avec l'arrivée du papy-boom - gros pourvoyeur d'énergies prêtes
à s'investir dans les associations - le fossé générationnel
se creuse encore. Pourtant, un jeune qui a goûté à l'implication
associative a de fortes chances d'être militant toute sa vie. Robert
Rochefort,
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