La Lettre n°29 (janvier 2003)
Les nouveaux horizons européens
par Jean-Marie Brunot

Le sommet européen de Copenhague des 12 et 13 décembre 2002 a constitué une étape importante dans l’évolution de la construction européenne : une étape historique puisque le processus de réunification est désormais engagé avec l’entrée programmée de dix nouveaux pays de l’Est et du Sud du continent européen dans l’Union. Une étape intéressante aussi parce que les questions évoquées à l’occasion de ce sommet ont suscité de nombreux commentaires et débats, notamment sur les différents aspects de l’élargissement et d’une éventuelle intégration de la Turquie.

Par ailleurs, la Convention poursuit ses travaux, en vue de proposer un Traité constitutionnel. Là aussi, les débats sont engagés sur des points essentiels : personnalité juridique de l’Europe, évolution des procédures communautaires et intergouvernementales, présidence de l’Union, etc. D’autres questions nous touchent particulièrement, comme chrétiens, qu’il s’agisse d’une référence à Dieu dans le préambule de la future Constitution, du rappel explicité du rôle joué par le courant de pensée chrétien dans la structuration de la pensée européenne, ou des relations des futures institutions avec les Eglises.

Dans le sillage des medias qui font peu à peu écho à ces discussions, différentes instances de la société civile s’impliquent de plus en plus activement dans ces débats et il semble que l’opinion publique en Europe ait été mieux sensibilisée aux perspectives européennes qu’elle ne l’avait été depuis longtemps.

Le cap sur 2004

Cette constatation ne peut que nous encourager à poursuivre le processus engagé il y a bientôt trois ans par la publication du « Manifeste pour une conscience européenne ». Le comité central des catholiques allemands (ZdK) reste notre partenaire « historique », mais il a été rejoint par de nombreux amis de différents pays, en particulier ceux qui, au sein de notre Groupe de travail créé en juin dernier (1), préparent la grande manifestation prévue à Lille en septembre 2004. Au cours de cette dernière, nous célèbrerons le centenaire des Semaines Sociales de France, en invitant largement toutes celles et ceux, venant de tous les pays du continent, qui voudront affirmer leur confiance dans l’avenir d’une Europe réunifiée, et partager leur convictions sur la possibilité d’un « vivre ensemble » respectueux des identités nationales.

Nous mesurons toujours mieux nos responsabilités de chrétiens, attachés à la pensée sociale de l’Eglise, au moment où se décident des orientations déterminantes pour la vie sociale, économique et politique de l’Europe de demain. Depuis des décennies, nous nous efforçons, tout en maintenant notre indépendance, d’être un lieu de réflexion et de débat. Nous souhaitons partager cette expérience au plan européen avec toutes celles et ceux pour qui « l’incitation à la démocratie et à vouloir vivre ensemble constitue la grande force morale de l’Union Européenne » (J. Delors, La Croix, 14-15 décembre 2002).

Jean-Marie Brunot,
délégué aux relations internationales.


1. Les pays suivants sont représentés dans ce groupe : Autriche (Action catholique autrichienne), Belgique (Mouvement ouvrier chrétien), Italie (Semaines sociales italiennes), Pologne (Groupe Znak) ainsi que la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE) et les Semaines sociales européennes (belgo-néerlandaises).

 

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