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De ces quatre jours, nous revenons changés. Nous en revenons avec une grande fierté d'Europe. Fierté d'appartenir à cette famille là, dont nous connaissons un peu mieux désormais la diversité des visages, des cultures, des modes de pensée et d'expression et évidemment la merveilleuse diversité nationale et œcuménique du christianisme social. Nous en revenons avec une irrésistible envie d'Europe. Nous sommes une famille enfin réunie et dont les membres sont évidemment avides de se reconnaître, de faire revivre toute la richesse de leur héritage et de cheminer ensemble. Nous en revenons changés parce que cette rencontre nous a donné un formidable " coup de jeune " en secouant nos torpeurs et préjugés, en nous invitant à poursuivre ce périple sur ces nouveaux chemins que nous ouvrons en nous mettant en route. Il est bien clair que les chrétiens sociaux - " cette expression est une tautologie " a remarqué le cardinal Etchegaray - ne veulent pas être sur la défensive. Dans tous les domaines où se joue l'avenir de l'homme, ils seront, demain comme hier, des forces de propositions et des porteurs d'espérance, prêts à s'ouvrir à de nouvelles responsabilités, qu'il s'agisse de l'environnement, de la formation continue, du combat contre l'exclusion qu'ils veulent mener, non pas pour les exclus mais avec eux et à leur initiative. Dire cela, c'est évidemment affirmer que, pour chacun de nous, l'Europe ne pourra plus être un " machin bureaucratique " mais une dimension précieuse de notre identité. Sur cette Europe, notre patrimoine commun, les participants à la rencontre de Lille ont formulé des messages tout teintés de la diversité de leurs expériences et de leurs histoires, mais ils convergent sur quelques observations fortes : l'Europe est à un tournant. Voici que s'ouvrent des perspectives prometteuses pour elle et pour le monde. Mais la construction est fragile, rien n'est acquis, tout peut s'ensabler. A nous d'être vigilants, nous, citoyens de nos vieilles nations, mais aussi citoyens de la jeune Europe enfin réunifiée. Des travaux de Lille se dégagent quelques suggestions particulièrement riches de sens ou particulièrement concrètes. Mobilisons-nous pour que ces vœux deviennent réalité. Ne craignons pas d'innover. Par exemple, soyons prêts à réunir les voix et les sièges de nos États pour que l'Europe parle d'une seule voix aux Nations Unie, au Fonds monétaire international ou à la Banque mondiale. Soyons prêts à dégager de nouvelles ressources pour financer les biens publics mondiaux, en commençant par taxer le commerce des armes. Et pourquoi ne proposerions-nous pas que les jeunes Européens aient la possibilité, sur la base du volontariat, d'effectuer une année de service civil ? Elle leur permettrait d'expérimenter concrètement le défi du vivre ensemble et du partage avec le monde. Cette année devrait être reconnue et validée dans leur formation et cela implique que nous soutenions l'adoption rapide du statut européen du volontariat. Oui, ne craignons pas d'innover hardiment. Soyons des éveilleurs. L'avenir de l'Europe est entre nos mains.
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