Session 2001
Le programme

Accueil des participants
Ouverture et présentation de la session
par Michel Camdessus, président des Semaines Sociales de France
Représentations, vécu et attentes de la société
par Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l'étude et l'observation de vie (CREDOC), vice-président des Semaines Sociales de France
 

Pour connaître les représentations des Français sur leur corps, sur la médecine, leurs attentes concernant les pratiques soignantes, leurs espoirs et leurs craintes concernant leur santé et les avancées récentes des sciences biomédicales, des questionnaires de réflexion ont été diffusés dans les antennes régionales et sur le site Internet des Semaines Sociales. De très nombreuses réponses nous sont parvenues. Les professionnels de santé réunis dans les divers Mouvements d'Eglise concernés ont également travaillé sur ces questionnaires.
Par ailleurs, les Semaines Sociales ont fait réaliser, par un cabinet spécialisé, une enquête sur le thème de notre session. Ce travail a été effectué auprès du grand public, dans la diversité de ses composants, ainsi qu'auprès des professionnels de santé. Ces approches complémentaires dessinnent le paysage dont nous voulons partir pour fonder nos analyses et notre questionnement.

Débat
Pause
Fragilités de l'homme, lumière de l'humanité
par Xavier Le Pichon, professeur au Collège de France, Chaire de géodynamique, membre de l'Académie des Sciences, membre de la communauté de l'Arche, président du Comité Scientifique de l'IFREMER
 

Dernière minute : Xavier le Pichon intervenant en remplacement de Catherine Perrotin, nous ne disposons pas d'un résumé de son intervention.

Débat
Déjeuner
   
Médecine, santé et société : les grands enjeux
par Bruno Cadoré o.p., médecin, professeur agrégé d'éthique biomédicale, directeur du Centre d'éthique médicale de l'Université catholique de Lille
 

Au fil de l'histoire de la modernité et au bénéfice des progrès biomédicaux, on a vu se développer une très forte médicalisation de la vie humaine. C'est une chance, sans aucun doute, pour beaucoup d'individus qui peuvent ainsi être soutenus dans leur existence par la médecine moderne. Mais c'est aussi une exigence, pour les sociétés, qui doivent être attentives, voire critiques, à l'égard de cette médecine en laquelle on met tant d'espoirs et pour laquelle on investit tellement. Le développement de la médicalisation de l'existence humaine est en effet, aujourd'hui, un des enjeux politiques majeurs de nos société modernes. A quelles conditions, une telle médecine promeut-elle, ou non, l'autonomie du sujet ? La fonction de "grande réparatrice du malheur" est volontiers assignée à la médecine moderne. Quelle image de notre avenir se trouve ainsi engagée ? La santé est-elle la seule espérance de l'homme ? Les progrès biomédicaux sont également un enjeu pour la solidarité humaine. Leur évaluation doit tenir compte de leurs conséquences sur la promotion du lien social dans notre pays, et entre les pays, si inégaux entre eux en matière de soins de santé.

Débat
Pause
Economie et santé : comment arbitrer ?
par Bernard Brunhes, président du conseil de surveillance de Bernard Brunhes Consultants
et Jean-Marie Spaeth, président de la Caisse nationale d'assurance maladie
 

La dimension économique de la médecine a pris des proportions inconnues jusqu'à ce jour. Si la vie n'a pas de prix, la santé a un coût. Quel est-il en France, en Europe, dans le monde ? Notre système de santé effectue des choix, le plus souvent implicites. Ainsi, nous accordons plus de moyens à nous soigner qu'à prévenir les maladies. Qui paie, qui oriente, et comment ? Les inégalités perdurent en France et se creusent dans le monde. Comment rééquilibrer nos dépenses de santé au profit de la prévention, dans une logique de plus grande solidarité, en instaurant un débat public qui associe les citoyens ?
La santé est devenue un marché, ce qui influence les orientations de la recherche médicale et les modèles véhiculés par les médias et par le pouvoir médical. L'institution médicale ne risque-t-elle pas de devenir un vaste laboratoire de recherche au profit des firmes pharmaceutiques et des intérêts propres des chercheurs ? Au nom de quels principes arbitrer entre médecine et économie ? Qui doit arbitrer ? A quel niveau ?

Débat
Avec la participation d' Alain Mérieux,
président du directoire du groupe Biomérieux Pierre Fabre
Carrefours - Grands témoins
(voir en détail)
Verre de l'amitié
   
Le patient et le médecin
par Didier Sicard, chef du service de médecine interne à l'hôpital Cochin, président du Comité consultatif national d'éthique
 

Le développement contemporain des spécialités et des techniques médicales (développement de l'imagerie : scanner, IRM, échographies, radios...), a généré de réels progrès. Mais celles-ci peuvent constituer aussi un écran entre le patient et le soignant : l'hyper médicalisation de la vie humaine ne constitue-t-elle pas un péril pour la médecine elle-même ? Le patient risque de ne pas se sentir pris en compte dans sa globalité et sa singularité. Cette frustration se double, de sa part, d'attentes de plus en plus grandes à l'égard d'une médecine ressentie comme toute puissante et surinvestie de façon idolâtrique. Nous tendons à devenir des consommateurs exigeants, tandis que les médecins et les soignants sont tentés d'adopter le profil de prestataires de soins, soucieux de se protéger contre des risques qu'ils pourraient avoir mal prévus (sang contaminé). Une médecine qui se judiciarise n'est-elle pas le signe d'une certaine impasse de la médecine ? Qu'attend-on, aujourd'hui, de l'acte de soin ? Qu'est-ce que guérir ? Ne faut-il pas revaloriser la spécificité de l'acte médical, fondée sur la relation singulière de personne à personne ? Comment ? Quelle formation pour les soignants ?

Débat
Pause
L'homme, son corps, sa dignité
par Françoise Le Corre, rédactrice en chef adjointe de la revue "Etudes", membre du conseil des Semaines Sociales de France
 

Les révolutions de la science et de la médecine, nous interrogent au niveau même de la conception que nous nous faisons de l'être humain. Pour répondre aux défis lancés, il nous faut revisiter les racines de la dignité humaine, aller aux sources de ce qui constitue l'humain. Comment ? En partant de ce corps humain, qui se trouve au coeur de l'acte médical, et qui est ce par quoi tout homme nous est donné et connu. En ce sens, il mérite le respect dû à la personne toute entière. Il est aussi le lieu où se vit et s'expérimente l'altérité fondamentale, source ou image de toutes les autres : l'altérité sexuelle. Mais l'approche par le corps est-elle suffisante pour exprimer une anthropologie pour notre temps ? Quelle grille de lecture et de compréhension nous apportent les grandes traditions philosophiques et religieuses ? Les mots qu'elles mettent sur le sens de l'existence, de la vie et de la mort, font-ils encore sens, dans une société qui érige la santé en absolu et qui se trouve devant des pratiques et des expérimentations aussi totalement neuves ? En quoi la Bonne Nouvelle de la Révélation chrétienne peut-elle être source de lumière sur les questions qui nous occupent ?

Débat
Déjeuner
   
Génétique et société : "Et l'Homme dans tout ça ?"
par Axel Kahn, directeur du département génétique, développement et pathologie moléculaire au CHU Cochin Port-Royal
 

Les avancées de la génétique, au cours des trente dernières années, sont spectaculaires. Par ailleurs, des progrès très importants ont été réalisés en vue de porter remède à de nombreux cas de stérilité : l'assistance médicale à la procréation (AMP) constitue l'une des plus grandes prouesses techniques du 20ème siècle. Mais en rendant l'espoir à de nombreux couples, la fécondation in vitro a commencé d'écrire aussi une page totalement nouvelle dans l'histoire de l'humanité. Résisterons-nous à la tentation de fabriquer des bébés "parfaits" ? Les développements récents des sciences biomédicales (décryptage du génome humain, thérapies géniques...) font naître des espoirs légitimes, mais aussi beaucoup d'illusions. Quelle société va naître des bouleversements de perspectives ouverts par la science ? Sur quel terrain et comment poursuivre le développement d'une science respectueuse de la personne et à son service, et refusant l'instrumentalisation du corps humain ?

Débat
Pause
Donner ou produire la vie ?
par Olivier de Dinechin s.j., expert auprès de l'épiscopat pour les questions de bioéthique
et Monette Vacquin, psychanalyste
 

De la naissance de Louise Brown, premier "bébé éprouvette", aux perspectives de clonage, il n'y a que vingt ans. La recherche, stimulée par la dynamique du marché et par les attentes de la société, multiplie les expérimentations et les propositions nouvelles, et soulève ainsi de nombreuses questions qui touchent à l'identité humaine, aux règles de filiation, aux relations homme/femme et entre générations, ainsi qu'au respect dû à la personne en devenir qu'est l'embryon. Une vision mal maîtrisée des différents aspects de la procréation ne comporte-t-elle pas des risques pour la cohésion et la pérennité de notre société ? Dans l'espoir de nouvelles conquêtes pour la santé humaine, faut-il se résoudre à "produire" la vie (clonage), à interrompre son existence (avortement), à l'utiliser (thérapie génique), à la manipuler (recherches sur l'embryon) ? Pour prévenir les risques d'une aventure sur des chemins d'inhumanité, quels sont les lieux et les modalités du nécessaire discernement ?

Débat
Avec la participation d'Axel Kahn
et de Jean-François Mattei
Carrefours - Grands témoins
(voir en détail)
Verre de l'amitié
   
Célébration eucharistique
par Mgr Philippe Barbarin, évêque de Moulins, président du Comité épiscopal pour la santé
  Cette célébration est organisée en partenariat avec la revue "Prier" (groupe des Publications de la Vie Catholique), avec la participation de l'Ensemble vocal St Ambroise de Paris (répertoire du Père André Gouzes - abbaye de Sylvanès - direction : Jean-François Capony).
Pause
Face à la souffrance et à la mort
par Marie-Sylvie Richard, docteur en éthique médicale, médecin-chef de service à la Maison médicale Jeanne-Garnier
 

La conquête par l'homme contemporain de son autonomie et de sa liberté, le conduit à vouloir maîtriser sa mort, comme il s'efforce de maîtriser sa vie. Nous acceptons mal la souffrance, la perte des facultés, le handicap sous toutes ses formes. La mort elle-même, qui est une épreuve pour tous, et demeurera toujours un mystère, est vécue davantage comme un échec que comme l'aboutissement naturel de toute vie. Pourtant, on ne peut faire l'économie de la relation de l'homme et du soignant, à la souffrance et à la mort. Peut-on décider du terme de sa vie (l'euthanasie), comme choix personnel et comme choix de société ? Quelle différence entre l'arrêt des traitements (refus de l'acharnement thérapeutique), et l'euthanasie ? Dans quelles conditions peut-on consentir au refus de traitement de la part des malades ? Quel sens donner à l'accompagnement des malades en fin de vie (soins palliatifs) ?

Débat
Déjeuner
   
Le citoyen, la bioéthique et la loi
par Jean-François Mattei, professeur de pédiatrie et de génétique médicale, député des Bouches-du-Rhône
 

Quand la science avance plus vite que la conscience citoyenne, est-ce la science qu'il faut ralentir ? Il faut l'associer aux enjeux, en tout cas, et développer, par l'éducation, la conscience de l'homme. L'accélération des découvertes et des expérimentations dans le domaine du vivant, depuis une vingtaine d'années, est source de progrès indéniables, mais aussi de dérives inquiétantes pour notre espèce, comme le brouillage des générations, l'eugénisme, l'euthanasie. Dans la plupart des pays, des débats de fond se sont ouverts, conduisant à créer des structures de réflexion, de concertation, de consultation, voire à légiférer. Mais les réponses apportées dans les diverses régions du monde ne sont pas identiques. Les pays de l'Union Européenne, qui sont d'accord sur beaucoup de questions, ne le sont pas sur les valeurs qui fondent la vie et la mort.

Mais comment éclairer la science ? Qui dira le droit ? Au nom de quoi ? Nous ne vivons plus, en effet, dans des sociétés où il y a équivalence entre ce qui est souhaitable, ce qui est légal, et ce qui est socialement toléré. Les règles de droit, garantes de la conservation de l'espèce humaine et de la cohésion de la communauté, s'imposent aux chercheurs, disent ceux qui dénoncent une "main basse sur les vivants". En revanche, ceux qui récusent l'interdit et plaident pour l'invention d'une morale adaptée aux temps présents, rétorquent que le droit est relatif à un état de la société, et qu'il doit suivre l'évolution des connaissances et des moeurs. Comment établir la loi, et sur quoi la fonder, dans une société pluraliste ? Quel rôle pour les Eglises et pour les religions ? Pour les médias ? Pour les citoyens ? Pour l'école ? Enfin, pour l'Etat ?

Débat
Conclusions de la session
par Michel Camdessus, président des Semaines Sociales de France
Fin de la session

 

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