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Semaines Sociales DE FRANCE
30 novembre 2021
Jour 3 de la 95e Rencontre

Jour 3 de la 95e Rencontre

Le 3e jour de notre Rencontre était proposé à la fois en ligne ou en présentiel à Versailles et quelle joie de se retrouver au Palais des Congrès !

La journée a commencé avec la messe célébrée par Mgr Luc Crépy, évêque de Versailles, rappelant en ce 1er dimanche de l’Avent que le temps de l’Avent est un temps qui fait particulièrement écho au thème de cette Rencontre : il est le temps de l’attente, le temps pour renforcer notre espérance et oser quelques rêves audacieux.

La première table-ronde sur le christianisme comme boussole animée par Philippine de Saint-Pierre a donné la parole à Béatrice Oiry qui nous a proposé un itinéraire biblique en relevant 3 manières de se mettre en route portés par l’espérance à la lumière des textes bibliques. La première manière est en cultivant la justice, comme le fit Noé, la deuxième en accueillant aujourd’hui la puissance de Dieu dans le monde, et les paraboles du règne nous en donnent un aperçu, la troisième en étant invité à croire en l’impossible, à travers les discours eschatologiques de l’Apocalypse.

Monique Baujard nous a ensuite guidés dans l’histoire et la portée de la pensée sociale de l’Eglise dont le texte inaugural fut Rerum Novarum par le pape Léon XIII en 1891 qui prenait la défense des ouvriers. Elle a rappelé l’importance de toujours bien recontextualiser les textes qui constituent la DES pour ne pas tendre à l’abstraction et a relevé deux grands principes de cette pensée sociale : 1. La dignité de la personne humaine, 2. Le respect du bien commun.

La deuxième table-ronde a réuni le philosophe Olivier Abel et le député Damien Carême. Damien Carême est revenu sur son engagement politique et en particulier sur son expérience à la mairie de Grande-Synthe et son engagement très concret pour les plus démunis de sa commune à travers des politiques publiques choisie et assumées. Un témoignage particulièrement inspirant sur la puissance de l’action politique locale pour changer le monde.

Olivier Abel a pour sa part insisté sur la nécessité de changer l’imaginaire de la vie bonne en pleine crise écologique. A l’imaginaire de l’émancipation qui fut le nôtre ces trois derniers siècles, il appelle de ses vœux celui de l’interdépendance car nos inévitables liens, il nous faut apprendre à les réapprivoiser pour le meilleur. Il a également mis en garde contre la tentation de sacraliser le monde naturel tel qu’il est et celle de se retirer d’un monde inévitablement foutu.

L’après-midi a débuté avec un spectacle de Nathalie Philip, comédienne, dramaturge et formatrice, et Makenzy Orcel, auteur d’une œuvre poétique et romanesque plusieurs fois primée. Deux voix, deux corps, deux sensibilités se répondent dans l’obscurité, les mots se font étoiles pour mieux rêver, se laisser surprendre. Grâce aux poètes conviés tels Makenzy Orcel, Pablo Neruda, Walt Withman, Aimé Césaire… nous avons plongé dans une source sonore inédite, chaque poème devient l’occasion de parcourir de nouveaux espaces à l’intérieur et hors de soi…

S’est ensuivi une table-ronde pour explorer nos ressources intérieures.

La Dr. Alice Desbiolles a exploré l’éco-anxiété qui est une crise de la sensibilité. Elle a précisé que ce n’était pas cette sensibilité qui est absurde mais bel et bien les causes de la crise. Une fois que l’on est éco-anxieux, on le reste toute sa vie et tout l’enjeu devient de dépasser ses passions tristes. Cela passe à la fois par un consentement au tragique mais également par la capacité de conjuguer sa vie au présent.

Cheikh Bentounès a développé la pacification de soi qui est au cœur de la tradition soufie et qui est un travail personnel de vigilance. Grâce à notre conscience, nous pouvons être en mesure de réguler notre conduite, d’être en capacité de pouvoir connaître et poser nos limites propres.

Jean-Guilhem Xerri a rappelé l’importance de prendre au sérieux sa vie spirituelle. Soigner sa vie spirituelle ce n’est pas se regarder soi mais regarder la source qui nous habite. Accéder à la vie profonde, c’est d’abord une affaire de vie ordinaire. Prendre soin de sa vie spirituelle c’est aussi de l’ordre d’une responsabilité sociale puisque le propre de la vie spirituelle n’est pas de se garder pour soi mais c’est de l’ordre de la fécondité et du don.

La conférence de clôture a accueilli Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio, fidèle ami des Semaines sociales de France qui a donné une intervention d’une hauteur de vue saisissante, pleine de lucidité et d’espérance et pétrie d’une vie en faveur du dialogue et de la paix. Il a partagé l’urgente nécessité de renouer avec une vision car les grands rêves de l’humanité qu’étaient la paix, l’œcuménisme ou la coopération international semblent désormais presque faire peur. Il a souligné l’importance de la mémoire et le rôle bien particulier que peut encore occuper l’Europe dans la construction de la paix à travers le monde. Le dialogue et la paix ont besoin de patience et de persévérance mais il est plus urgent que jamais de faire éclore une véritable culture de la rencontre !

A nouveau nous avons été accompagnés au fil de la journée par la poète Colette Nys-Mazure… « reste avec nous car le soir tombe… tu inaugures à chaque aube un chemin inédit ».

Au terme de cette 95e Rencontre, nous sommes particulièrement reconnaissants envers tous les intervenants qui nous ont aidés à faire avancer notre réflexion, toutes les personnes que nous avons rencontrées au cours de ces trois jours, avec qui nous avons débattu et échangé. Nous repartons avec davantage d’élan et d’espérance pour œuvrer à un futur désirable car, nous l’avons bien vu, il est encore possible d’y œuvrer et nous avons besoin de chacun… !

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