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Plateforme du Bien Commun
10 novembre 2020
La finance solidaire : fiche pratique d'utilisation

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La finance solidaire : fiche pratique d'utilisation

Dans le cadre de la prochaine rencontre des Semaines Sociales de France, je vous apporte quelques éléments qui m’apparaissent importants et qui ont été élaborés dans les mouvements auxquels j’appartiens : le MCC (mouvement chrétien des cadres et dirigeants) et CCFD Terre Solidaire. Ces réflexions font suite à une soirée sur la Finance solidaire.

Bien cordialement,

Christian Bourcier

***

Les enjeux de la finance solidaire :

Les enjeux sociétaux, sociaux, environnementaux préoccupent de plus en plus les citoyens. Les écarts entre les plus riches et les plus pauvres se creusent, nous avons l’impression de ne plus piloter notre planète tant la finance traditionnelle conditionne les décisions qui sont prises. Les « revenus » issus des « placements » dépassent souvent les « revenus » du travail. La « finance » n’est plus pilotée par la société civile et ses élus, les citoyens sont écartés de la gouvernance qui donne le sens.

Choisir la finance solidaire c’est donner du sens en plaçant l’argent que j’ai en plus de mes besoins pour agir sur notre évolution sociétale et environnementale. Et si on n'a pas de ressources financières, le bénévolat est aussi une autre forme de don. Nous vivons sur une planète où tout est lié, nous pouvons agir pour des actions « ici », en local, en France mais aussi nous devons voir la dimension internationale et agir pour des actions « là-bas » dans des pays en voie de développement.

Les acteurs de la finance solidaire :

• Le « donneur » ou « prêteur »

Il souhaite donner du sens à l’argent qu’il a en plus de ses besoins à court terme, moyen ou long terme. Ce peut être en attendant d’avoir plus de besoin pour financer son logement, des périodes difficiles, ou une période avec moins de revenus (retraite …). Il pourra alors choisir de donner ou de prêter.

• « Le collecteur » de finances solidaires

Il a besoin d’argent pour mener à bien ses projets. C’est souvent pour gérer un projet collectif. Il a des valeurs éthiques fortes, souvent en lien avec le social, l’environnement.

Il peut avoir besoin de dons. Il peut avoir besoin qu’on lui prête de l’argent à un taux d’intérêt réduit ou nul car il ne peut trouver cet argent auprès des banques (taux d’intérêts trop élevés ou pas de caution bancaire). Il peut souhaiter partager les risques et les bénéfices en recherchant des actionnaires. Lorsque sa collecte est régulière il met en général en place une gouvernance citoyenne en collaboration avec ses donateurs, prêteurs ou « actionnaires »

Les questions à se poser :

• J’ai un surplus : je peux donner

Le don est reconnu par notre société comme un vrai soutien à la société civile. La déduction fiscale de 66 % matérialise cette reconnaissance, cela nous permet de donner plus facilement ou de donner encore plus. Exemples d'organisme collecteur : le CCFD, le Secours Catholique, la Croix Rouge, Denier du culte, Médecins sans frontières, Green Peace, WWF...

• Je n’ai pas de besoins immédiats mais j’en aurai peut-être besoin plus tard. Je peux prêter mon argent sans intérêt, en pouvant le récupérer.

Les livrets, l’argent est très disponible. (plafonné à 15000 €) : le livret A servant au financement des logements sociaux et le livret Agir du crédit coopératif où on partage une partie des intérêts avec une association de notre choix (don déductible).

Le dépôt à terme : à la NEF (Nouvelle Economie Fraternelle), banque coopérative de finance solidaire. On peut choisir de « prêter » son argent à un taux réduit, cela permet à cette banque de faire des prêts à des taux intéressants pour des projets qui répondent aux valeurs de la NEF.

L'achat d'actions dans des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Ces actions ne sont souvent pas ou peu valorisées et sans dividende. La récupération des fonds peut se faire mais avec un peu plus d’inertie. Certaines sont éligibles à une déduction fiscale de 18% à condition de les conserver 5 ans, l’Etat en reconnaît l’intérêt.

Exemples d'épargne « là-bas » : La SIDI (solidarité internationale pour le développement et l'investissement) qui soutient des projets de développement dans 36 pays comme la lutte contre la malnutrition infantile à Madagascar ou un soutien au financement agricole à Haiti. Il y a aussi l'ESD (Epargne Solidarité Développement) qui représente les actionnaires de la SIDI.

Exemples d'épargne « ici » : Habitat et Humanisme (construction de logements sociaux, EHPAD), Terre de liens (permettre à des paysans de s’installer en achetant des terres).

• Je n’ai pas de besoin immédiat mais j’en aurai surement besoin lorsque je cesserai mon activité et peut-être pour aider mes enfants ou mes parents en maison de retraite. Mes revenus seront sans doute insuffisants : je vais rechercher une rémunération de mon placement. Je souhaite pour autant que mes placements aient du sens.

Des actions dans une entreprise locale défendant des valeurs sociales et/ou environnementales. La participation dans un club d’investisseurs qui investit dans des entreprises locales. Cela permet de réfléchir à plusieurs sur le sens donné à son argent en décidant ensemble.

Une participation dans un fond d’investissement local. Ce fond va soutenir des initiatives locales. Le retour sur investissement est déterminé par les gérants du fond. Des actions dans les énergies renouvelables localement Les parcs éoliens citoyens du Pays de Vilaine (3 parcs actuels de production d'énergie) : C’est un placement qui rapportera entre 3,5 et 4% par an, On peut participer à la gouvernance citoyenne. Il y a aussi le parc Solaire en devenir Ker Watt.

Une participation dans EPI (Energie Partagée Investissement) : fond national d’investissement dans les énergies renouvelables. L’action est revalorisée chaque année.

Auprès des banques : Des actions bancaires ou des fonds communs de placement (FCP) avec le label Finansol.

Quels projets choisir ?

Ils sont très nombreux et contribuent à reprendre en main nos choix de société en devenant véritablement acteurs : Proches (Pays de Redon) / Eloignés (Pays du Sud), Sociaux/Environnementaux., pour aujourd’hui, pour demain, pour après-demain.

Si on le peut on cherchera un équilibre entre tout cela, en fonction de nos convictions, de nos affinités, de notre ressenti aussi.

Lorsque l’on donne ou prête ou faisons du bénévolat, le bonheur passe surtout par la satisfaction de celui qui reçoit, nous avons à être attentif aux actions mises en place par les organismes auxquels nous donnons ou épargnons. La rentabilité n'est pas uniquement financière ça rapporte autrement.

Pour autant il faut bien prendre conscience que nous devons regarder aussi plus loin et que nos bénéficiaires doivent aussi être nos enfants de demain en imaginant, en ressentant leur « Merci » d’avoir préservé notre planète : l'équilibre mondial entre tous les pays, sur les plans économiques, paix et justice entre les peuples. Comme le dit « Laudato si », la préservation de la biodiversité que « nous n’avons pas le droit » de détruire, l’arrêt de l’exploitation des ressources naturelles, des énergies fossiles, la limitation de l’effet de serre par l’usage d’énergie renouvelable

La finance solidaire permet à chaque citoyen de reprendre en main le destin de notre société et de notre planète.

***

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