Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark
<
>
Retour
Philippe SEGRETAIN
28 juillet 2021
Quatrième vague ?

Quatrième vague ?

La nouvelle vague ? Ne rêvez pas, il ne s’agit pas du retour de cette rupture dans le cinéma des années 60, qui aurait pu se répandre via les médias contemporains, mais du mot utilisé pour décrire une évolution statistique, une courbe qui permet de figurer l’évolution du nombre de personnes contaminées, hospitalisées, réanimées, ou décédées.

L’image que nous propose cette comparaison marine semble claire, et elle est également rassurante, car une vague connaît un sommet, et un retour à une horizontale normalité ; mais il n’est pas besoin d’être un grand marin pour savoir qu’une vague n’est jamais seule, première, deuxième, troisième.... vague? Les vagues ne se comptent pas, ce mouvement de la mer, la réaction de l’océan à la roche ou au sable littoral se décrit par un état : mer calme, peu agitée, agitée, forte, grosse...

Il me semble utile que nous choisissions mieux les mots qui décrivent notre situation sanitaire : oublions la vague, la météo nous offre des images plus pertinentes.

La houle d’abord, avec une ampleur, une régularité, le sens du temps long… la houle n’est pas soudaine et ne disparaît pas subitement, et puis la houle traverse les mers et les océans, elle lie deux rives qui ne se voient pas, deux continents qui s’ignorent, elle nous oblige à scruter l’horizon.

La gravité de ce que nous vivons relève plus de la tempête : un ensemble de phénomènes où la force du vent se mesure, sa direction est repérée, ses conséquences sur l’état de la mer se prévoient. Le marin adapte alors et sa route et sa voilure, le rythme de la vie à bord est commandé par la météo. Et l’équipage se prépare au grain, ce moment où il faut savoir renoncer à un cap pour privilégier la sécurité du navire.

"Un mot, cette « vague », simple symbole, devient un concept normatif censé évoquer un mouvement qui apparaît bien peu pertinent pour décrire la pandémie que nous vivons."

On peut oublier ces images marines sans doute pas totalement adaptées, ou en trouver d’autres ; mais pour garder une capacité d’analyse du discours politique un recul est nécessaire sur la sémantique, d’abord suggérée puis reprise à saturation. Un mot, cette « vague », simple symbole, devient un concept normatif censé évoquer un mouvement qui apparaît bien peu pertinent pour décrire la pandémie que nous vivons.

Attention à l’image facile, elle nuit à l’analyse.

Philippe Segretain, membre du Conseil des SSF

storage?id=1733813&type=picture&secret=stmapYce3ni7Wo8X641ySaHCrP68Nd0h9wOXfJKb&timestamp=1627476063
Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Culture Politique Santé Philippe Segretain
0 commentaire(s)
Aucun commentaire pour le moment.
Consultez également
A propos du plan santé 2018-2022

A propos du plan santé 2018-2022

Un plan, pour 50 ans, qui permettrait au système de santé de faire face aux défis multiples...

Mathieu MONCONDUIT
1 octobre 2018
La bioéthique, nouvelle question sociale

La bioéthique, nouvelle question sociale

Tous les mois, retrouvez Pierre-Yves Stucki et sa chronique sur la pensée sociale chrétienne et...

Pierre-Yves STUCKI
20 février 2018
Les enjeux éthiques des expériences chez l‘Homme dans un monde globalisé

Les enjeux éthiques des expériences chez l‘Homme dans un monde globalisé

Le 17 novembre dernier, les décrets d’application de la Loi Jardé relative aux recherches faites...

Catherine BELZUNG
2 décembre 2016
Pour une culture du « prendre soin »

Pour une culture du « prendre soin »

Récemment les Ehpad ont fait l’objet de plusieurs articles relatant la difficulté croissante de...

Jean-Pierre ROSA
12 juin 2018
La bioéthique au défi de la pratique médicale

La bioéthique au défi de la pratique médicale

Dans tous les débats actuels sur les lois de bioéthique, nous avons – me semble-t-il – une...

Jean-Pierre ROSA
17 avril 2018
Pour une culture du « prendre soin »

Pour une culture du « prendre soin »

Récemment les Ehpad ont fait l’objet de plusieurs articles relatant la difficulté croissante de...

Jean-Pierre ROSA
12 juin 2018