Municipales: Habermas ou l’urgence démocratique
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Les principes de la pensée sociale de l'Église sont tous orientés vers le respect et la promotion de la dignité humaine. La dignité procède du fait que toute personne est créée à l'image de Dieu et qu'elle est appelée au salut.
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Dossier Pensée sociale chrétienne
La destination universelle des biens (DUB)
La DUB est souvent oubliée dans les présentations de la doctrine sociale, car semblant remettre en cause la propriété privée. Il est vrai que la prise en compte de la DUB peut aller très loin, comme le signale le pape François dans Fratelli tutti au numéro 124 : « La conviction concernant la destination commune des terres doit s’appliquer aujourd’hui également aux pays, à leurs territoires et à leurs ressources. En considérant tout cela (…)nous pouvons alors affirmer que chaque pays est également celui de l’étranger. »
La propriété privée est cependant défendue au sein de l’Église catholique. La gestion en commun des biens entraînant des litiges et des conflits, la propriété privée devient un mal nécessaire. Elle est, pour saint Augustin, une conséquence inévitable du péché. Pour Locke (1690), Dieu a donné la terre pour l’usage de ceux qui seraient industrieux et le travail donne un droit à posséder le fruit de son activité. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) institue la propriété comme « droit inviolable et sacré de l’Homme ». La Tragédie des communs (Garrett Hardin, 1968), montre que sans règles et gestion par un collectif, les biens partagés sont voués à la disparition. Pour Jean-Paul II, les régimes communistes ont montré les limites de la « propriété collective » des terres ou des moyens de production. La DSE propose un moyen terme entre le collectivisme et l’ultralibéralisme.
La DUB distingue l’objet de la propriété de son usage.
Lorsqu’on loue un appartement, on a un usage privatif de l’appartement, sans le posséder. Une forêt privée peut être ouverte au public pour permettre aux animaux de la traverser. L’Église est contre une propriété exclusive « à moi et à personne d’autre », car cela nie le caractère divin et communautaire de toute création. Même mon travail est cocréation. Sinon, nous nous retrouvons dans l’idolâtrie : « Aux uns, les chars ; aux autres, les chevaux ; à nous, le nom de notre Dieu : le Seigneur. » (Ps 19,8)
Comme tout autre bien, la propriété privée peut être structure de péché ou structure de bien commun. Elle peut renforcer les égoïsmes et les replis sur soi, ou renforcer les solidarités et la confiance en Dieu.
L’option préférentielle pour les pauvres, Léon XIV et Dilexi te « Dilexi te » – Je t’ai aimé. « Sur l’amour envers les pauvres », le choix du thème de la première exhortation du pape Léon XIV est hautement politique, vu le contexte actuel de l’Église et du monde. « L’amour envers les pauvres » n’est pas une idéologie ou une faiblesse de l’Église. C’est avant tout un héritage des Évangiles et de toute l’histoire chrétienne, que l’on se rappelle de saint François ou sainte Claire pour n’en citer que deux. L’exhortation énumère longuement les figures chrétiennes de cet engagement envers les plus fragiles. L’amour des pauvres est l’ADN de l’Église.
N’oublions pas que « Jésus qui dit : “Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous” exprime la même chose lorsqu’il promet aux disciples : “Je suis avec vous pour toujours.” (Mt 28, 20) (…) Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. » (DT,5)
« Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. » (DT, 15) Pour Léon XIV, l’amour préférentiel pour les pauvres est d’abord l’amour préférentiel de Dieu pour les pauvres, pauvres que nous sommes tous. (DT, 16) « Lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (2Co 8,9)
Nous sommes face à une vision dominante du monde fondée sur l’égoïsme, véritable structure de péché (DT,93), qui déferle comme un tsunami. Dilexi te insiste sur l’importance de considérer les pauvres comme sujets (DT, 102). « Il apparaît clairement “qu’il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser” par les pauvres, et que nous reconnaissions tous “la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux”. » (DT, 102) « Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. » (DT, 104)
Les pauvres sont au centre même de l’Église, car c’est de « notre foi au Christ qui s’est fait pauvre, et toujours proche des pauvres et des exclus, [que] découle la préoccupation pour le développement intégral des plus abandonnés de la société ». (DT, 111)
La fin sur l’importance de l’aumône est un petit bijou de simplicité et de bon sens. À lire et partager sans modération.
Marcel Rémon, directeur du CERAS (Centre de Recherche et d’Action Sociales) et membre du Conseil d’administration des SSF
Article issu de La Lettre trimestrielle de janvier (pour la recevoir dans votre boîte aux lettres, adhérez aux SSF !)
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